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vendredi 3 février 2017

Ile-de-France : toujours plus de 50 000 IVG en 2015 et de fortes inégalités territoriales

Coline Garré
| 02.02.2017


En 2015, il y a eu 51 284 recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en Ile-de-France, soit un taux de recours de 17,1 pour mille (‰) femmes en âge de procréer. La région arrive au troisième rang en métropole, où la moyenne est de 14,4 ‰, derrière la Provence-Alpes-Côte d'Azur (20,5 ‰) et la Corse (17,2 ‰), relève une étude de l'Observatoire régional de santé* (ORS). On observe une relative stabilité des données, puisqu'en 2012, l'Ile-de-France recensait 51 625 IVG, soit un taux de recours de 17,2 IVG pour 1 000 femmes.
Néanmoins, la tendance nationale à une diminution du taux d'IVG chez les mineures est aussi décelable en Ile-de-France, avec 1 719 recours en 2015, soit un taux de 8,2 ‰ contre 10,5 ‰ en 2012 (mais une imprécision demeure, en raison de la confidentialité qui s'applique aux mineures). Les taux de recours les plus élevés (25,2 %) touchent les 18-24 ans et les 25-34 ans.

Des écarts au sein de la région perdurent, avec un taux de recours à l'IVG tous âges confondus de 13,5 ‰ dans les Yvelines, et de 22,4 ‰ en Seine-Saint-Denis. En revanche, les taux d'IVG chez les moins de 25 ans sont les plus élevés à Paris et dans les Hauts-de-Seine, où vivent principalement des étudiantes ou les catégories socio-professionnelles élevées.
Diminution de l'offre hospitalière
En avril 2014, l’agence régionale de santé (ARS) lançait le plan d’actions FRIDA (pour favoriser la réduction des inégalités d’accès à l’avortement), qui rappelait notamment dans les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) l’obligation de service public des hôpitaux. Concrètement, les établissements ayant une autorisation d’obstétrique devaient réaliser une IVG pour 3,5 accouchements.
Or le programme semble n'avoir pas encore porté ses fruits. En 2015, 7 établissements réalisant des accouchements n’ont pas pratiqué d’IVG (7,8 %, 4 à Paris, 2 dans les Hauts-de-Seine et un dans les Yvelines).
Par ailleurs, entre 2010 et 2015, l'offre hospitalière pour l'IVG est passée de 107 établissements ayant réalisé au moins une IVG à 97 (84 contre 97 hôpitaux ont réalisé au moins 50 IVG).
Encore une fois, ce constat est à nuancer : Paris concentre les établissements à forte activité IVG (3 sur 6 établissements ont en fait 1 000 chacun en 2015 et un quatrième en fait 999). Le Val-de-Marne, la Seine-et-Marne, le centre-ouest des Yvelines et le sud de l'Essonne souffrent d'une offre hospitalière assez faible. Le cas des Yvelines peut interroger : y a-t-il adéquation entre moindre demande (taux d'IVG le plus faible) et moindre offre ? Pas sûr, lit-on dans le rapport qui souligne que les habitants des Yvelines sont aussi celles qui ont le plus d'IVG tardives (> 12 SA).
L'offre en ville s'étoffe
La part des IVG hospitalières a diminué de 76 % en 2012 à 70,6 % en 2015. Le nombre de praticiens ayant réalisé une IVG en cabinet libéral a, lui, augmenté de 383 à 476 (dont 178 dans la capitale) ; celui des centres de santé ou de planification familiale aussi (29 à 81).
Mais les disparités ne s'atténuent pas : Paris concentre 37 % des libéraux ayant pratiqué une IVG en 2015, soit un taux de 29,5 médecins pour 100 000 femmes, contre moins de 10 médecins dans les Yvelines.
6/10 IVG sont médicamenteuses
En 2015, 59,5 % des IVG franciliennes sont réalisées par voie médicamenteuse, une tendance à la hausse, avec des écarts allant de 54,3 % en Seine-Saint-Denis à 67,3 % en Seine-et-Marne. Même à l'hôpital, ce mode est employé dans 42,6 % des IVG.
* Catherine Vincelet. Les interruptions de grossesse en Île-de-France, quatre ans de suivi régional de 2012 à 2015. Paris : Observatoire régional de santé Île-de-France. 2016.

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