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samedi 7 janvier 2017

La réforme de la médecine du travail divise les principaux intéressés

06.01.2017

Depuis le 1er janvier, les changements dans la médecine du travail prévus par la loi El Khomri sont effectifs. La réforme qui a fait couler beaucoup d’encre prévoit notamment la suppression de l’avis d’aptitude systématique à l’embauche et les visites de suivi seront désormais espacées de cinq ans. Certains syndicats des médecins du travail, CFE-CGC santé au travail notamment, sont montés au créneau contre cette réforme, en vain. Mais ce vendredi l’association Cisme (centre interservices de Santé et de Médecine du travail en Entreprise) qui représente 250 services de santé au travail fait entendre une voix discordante et se montre plutôt enthousiaste.

Pour Martial Brun directeur général de l’association, elle permet de « rééquilibrer les quatre missions indissociables de la santé au travail », c’est-à-dire l’action en entreprise, le conseil, la surveillance de l’état de santé et la traçabilité et veille sanitaire. Une des mesures particulièrement saluée par le Cisme est le changement de la périodicité des visites avec les professionnels de santé au travail. Au maximum de cinq ans pour tous les salariés ou deux ans en cas de risques particuliers identifiés, le médecin du travail peut désormais décider d’adapter cette périodicité en fonction de l’âge, conditions de travail, risques etc. « On donne enfin au médecin du travail la capacité de décider et de déterminer le rythme du suivi. De faire son métier pour lequel il a étudié dix ans, je le rappelle » explique Martial Brun. Le Cisme n’oubliant pas de souligner que le salarié, l’employeur ou le médecin du travail peuvent toujours à tout moment demander une visite médicale.
La suppression de la visite médicale à l’embauche a fait beaucoup parler, pourtant là encore le Cisme y voit plutôt une bonne chose. « Ce n’est pas la fin de la visite médicale à l’embauche mais celle de l’avis d’aptitude systématique à l’embauche » précise le directeur général. Et de rappeler qu'en effet, les salariés dont le poste présente des risques particuliers devront toujours voir un médecin du travail pour un avis d’aptitude, pour tous les autres ils effectueront une visite d’information et de préventionassurée notamment par un infirmier du travail. Une manière de pallier aussi à la réduction des effectifs chez les médecins du travail. « Cela évite au médecin du travail des situations absurdes où l’on voit cinq fois la même personne dans l’année à chaque fois qu’elle change de contrat. Dorénavant on traitera les personnes et non plus des contrats » analyse Martial Brun.
Malgré un a priori plutôt favorable sur la réforme, l’association veut toutefois rester attentive sur plusieurs points. Parmi eux, on trouve notamment l’effort des pouvoirs publics pour « renforcer l’attractivité de la spécialité médecine du travail », et la nouvelle procédure de contestation de l’avis des médecins qui se fera désormais aux Prud’hommes et non plus auprès de l’inspection du travail. 

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