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mardi 21 janvier 2014

Accès à l’IVG : le CNGOF dénonce surtout un manque de moyens

21/01/2014

En pleine controverse sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dont une disposition du projet de loi pour l’égalité femmes-hommes vise à en conforter l’accès, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) veut aller au-delà de la sémantique.
L’article du texte, qui devrait être débattu au plus tôt mercredi soir, prévoit qu’une femme puisse demander une IVG si elle « ne veut pas poursuivre une grossesse » et non plus parce que « son état (la) place dans une situation de détresse », comme le stipule actuellement la loi Veil.

Une référence obsolète

Cette référence à une « situation de détresse » est « obsolète », a jugé la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem en ouvrant les débats au Palais Bourbon sur son projet de loi, déjà adopté en première lecture au Sénat en septembre dernier. « Si les mots ont de l’importance (« droit à » plutôt que « détresse »), ils doivent s’accompagner de mesures concrètes concernant l’accès aux soins », estime, pour sa part le CNGOF. En effet, le Collège souligne que l’accès« dépend très directement des moyens qui sont donnés aux centres d’orthogénie et notamment des postes médicaux dont beaucoup de centres sont dépourvus ». Il propose que les centres d’IVG soient intégrés au fonctionnement des services hospitaliers de gynécologie-obstétrique. D’autres actions comme la valorisation de l’IVG médicamenteuse, l’aide au secteur libéral pour mieux organiser l’offre lui semble nécessaires.

Le cas espagnol.

Pour l’heure, le CNGOF entend se tenir « à l’écart du débat proposé aux parlementaires ». Des débats qui ont donc commencé au lendemain d’une marche des opposants à l’IVG. Cette marche, organisée depuis 2005 par une quinzaine d’associations autour de la date anniversaire de la loi Veil de 1975 qui a légalisé l’avortement en France, a célébré cette année l’exemple espagnol. En Espagne, le gouvernement a en effet présenté un projet de loi, adopté en décembre, qui vise à limiter le droit à l’avortement à quelques cas restreints (danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, viol ayant fait l’objet d’une plainte). Il devrait arriver au Parlement dans environ deux mois. Plusieurs parlementaires de la droite espagnole ont d’ailleurs fait le déplacement pour venir gonfler la foule des manifestants.
Najat Vallaud-Belkacem amis en garde contre « les évolutions dans certains pays voisins »« Nous ne sommes pas à l’abri d’un retour en arrière de 40 ans », avant la légalisation de l’avortement, a-t-elle souligné.
› Dr Lydia Archimède

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