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mercredi 7 décembre 2022

Recherche Contraception féminine : le gel vaginal franchit un col

par Yoanna Herrera  publié le 7 décembre 2022

Une équipe suédoise travaille sur un gel contraceptif capable d’épaissir la glaire cervicale produite par l’utérus. Les tests précliniques sont prometteurs, le produit a bloqué le passage de 98 % de spermatozoïdes.

par Yoanna Herrera

publié le 7 décembre 2022 à 6h45

Au revoir les migraines, la rétention d’eau, et les sautes d’humeur, bonjour la libido. Les témoignages des femmes qui ont arrêté la pilule se multiplient sur les réseaux sociaux. Elles sont de plus en plus nombreuses à ne pas vouloir porter le poids des hormones. Néanmoins la question demeure la même : quelle contraception choisir ? Beaucoup se tournent vers le stérilet en cuivre. Une alternative inenvisageable pour celles qui souffrent déjà de règles douloureuses. Sans parler des effets nocifs de la pilule. Mise en cause par son lien avec des thromboses, des embolies ou encore des accidents vasculaires cérébraux. En 2013, la pilule Diane-35 avait été suspendue du marché à cause d’un risque accru de formation de caillots sanguins.

Après un ras-le-bol crié par un grand nombre des femmes et un appel à développer la contraception masculine, la recherche d’autres solutions semble se développer. Actuellement, une équipe de chercheurs du KTH Royal Institute of Technology, en Suède, travaille sur le développement d’un gel contraceptif non hormonal qui épargnerait aux femmes les effets indésirables de la pilule. A la différence des spermicides – qui tuent les spermatozoïdes –, ce gel agirait en épaississant la glaire cervicale, sécrétion produite par l’utérus et qui fait office de barrière entre le vagin et le col. Les tests précliniques vantent une efficacité de 98 %. Les résultats ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine le 30 novembre.

«Le chitosan est délivré dans le vagin»

Lors de cette étude, les chercheurs se sont penchés sur le potentiel contraceptif des gels vaginaux contenant du chitosan. Un polymère extrait des carapaces des crustacés. «Le chitosan est délivré dans le vagin via ce gel et interagit avec le mucus présent dans le canal cervical. Une fois en interaction, la glaire [cervicale] devient une meilleure barrière pour les spermatozoïdes, empêchant leur passage dans l’utérus et la fécondation», décrypte pour Libération Thomas Crouzier, coauteur de l’étude.

L’étude observationnelle a mesuré les effets de ce gel sur des brebis qui ont été inséminées pendant leur période d’ovulation. Les résultats ont été plus que satisfaisants. «Le gel a entraîné une diminution moyenne de 98 % du nombre de spermatozoïdes dans l’utérus», précise l’étude. Lors de cette expérimentation, seulement un individu sur huit avait deux spermatozoïdes dans son utérus. Les brebis n’ont pas été choisies au hasard. En effet, leur cycle menstruel et leur appareil reproducteur sont assez proches de celui des humains.

Ne pas crier victoire trop vite

Ce produit fait la promesse d’être pratique et simple d’utilisation. «Les gels vaginaux de ce type peuvent être appliqués en quelques secondes», détaille le chercheur dans un communiqué de presse accompagnant l’étude. Nous imaginons qu’un produit comme celui-ci devrait être utilisable de quelques secondes à quelques heures avant un rapport sexuel. L’effet pourrait durer des heures, mais diminuer au fil du temps, à mesure que la barrière de mucus est remplacée naturellement.»


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