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lundi 7 septembre 2020

Check de cartable et battles de masques, les nouveaux rituels des écolier

Fichier:Le Monde magazine 2009 logo.png — Wikipédia

Publié le 7 septembre 2020


En cette rentrée extraordinaire, comment les enfants allaient-ils vivre la distanciation physique ? Entre embarras et embrassades, les fils de Nicolas Santolaria ont vite bricolé de nouvelles habitudes.

P
our tout un tas de raisons, au rang desquelles on peut sans doute compter un infantilisme latent, j’appréhendais un peu la rentrée. Non seulement pour moi, mais surtout pour ma progéniture. Comme mes enfants n’étaient pas revenus en classe fin juin après le déconfinement, ils sont restés éloignés au total presque six mois de l’institution scolaire (et du hachis parmentier de la cantine). Après cette période d’inédite prise de distance, je me demandais donc, avec une pointe d’angoisse, si ces deux Robinson allaient vraiment vouloir retourner à l’école, eux qui étaient devenus d’ardents défenseurs de l’apprentissage à distance (« Rester assis toute la journée, non merci ! », martelait mon fils aîné, avec la fièvre d’un représentant du CHSCT menant campagne contre la sédentarité).

De cette bulle, il fallait enfin s’extraire, pour se replonger d’un coup dans une vie sociale moins forclose, avec ses rythmes, ses obligations, ses impondérables.
Bien entendu, retourner ou pas à l’école ne se discute pas, puisque l’école est obligatoire. Mais l’hypothèse, même totalement chimérique, d’un autre possible aux allures de quotidien buissonnier permit de rendre moins dure la reprise. Un peu comme chez les adultes qui, après un mois de vacances en Provence, caressent fugitivement le doux rêve de devenir céramistes au milieu des cigales, tout en sachant très bien, au fond d’eux-mêmes, qu’ils finiront trois jours plus tard assis sur leur siège de bureau à se demander où ils vont déjeuner à midi.
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our tout un tas de raisons, au rang desquelles on peut sans doute compter un infantilisme latent, j’appréhendais un peu la rentrée. Non seulement pour moi, mais surtout pour ma progéniture. Comme mes enfants n’étaient pas revenus en classe fin juin après le déconfinement, ils sont restés éloignés au total presque six mois de l’institution scolaire (et du hachis parmentier de la cantine). Après cette période d’inédite prise de distance, je me demandais donc, avec une pointe d’angoisse, si ces deux Robinson allaient vraiment vouloir retourner à l’école, eux qui étaient devenus d’ardents défenseurs de l’apprentissage à distance (« Rester assis toute la journée, non merci ! », martelait mon fils aîné, avec la fièvre d’un représentant du CHSCT menant campagne contre la sédentarité).

De cette bulle, il fallait enfin s’extraire, pour se replonger d’un coup dans une vie sociale moins forclose, avec ses rythmes, ses obligations, ses impondérables.
Bien entendu, retourner ou pas à l’école ne se discute pas, puisque l’école est obligatoire. Mais l’hypothèse, même totalement chimérique, d’un autre possible aux allures de quotidien buissonnier permit de rendre moins dure la reprise. Un peu comme chez les adultes qui, après un mois de vacances en Provence, caressent fugitivement le doux rêve de devenir céramistes au milieu des cigales, tout en sachant très bien, au fond d’eux-mêmes, qu’ils finiront trois jours plus tard assis sur leur siège de bureau à se demander où ils vont déjeuner à midi.

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