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vendredi 26 août 2016

Mexique : l’éducation sexuelle, cible des cathos malgré le boom des grossesses ados

Par Emmanuelle Steels, Correspondante à Mexico — 25 août 2016



Mexico, 2014, campagne d’une association défendant, elle, l’éducation sexuelle.

Mexico, 2014, campagne d’une association défendant, elle, l’éducation sexuelle. Photo Rebecca Blackwell. AP

Les manuels scolaires de biologie, accusés de pousser les élèves au vice, sont voués au bûcher par des élus de Monterrey, dans un pays où les jeunes accèdent difficilement à la contraception.

Lubricité, activité sexuelle précoce, confusion des genres et des préférences sexuelles, angoisses : voilà le cocktail de «séquelles» que croient diagnostiquer des associations mexicaines de parents d’élèves et qu’ils attribuent à un excès de contenus sexuels dans les manuels scolaires. A Monterrey, ville la plus riche du pays, la polémique est attisée depuis début août par des élus issus de la droite catholique, qui invitent les parents à brûler les livres, arracher les pages consacrées à la biologie et aux droits sexuels, voire à occuper les écoles, alors que la rentrée est déjà agitée par la grève d’une frange des enseignants opposés à la réforme de l’éducation.
«Débauche»

L’abstinence n’est pas citée parmi les méthodes contraceptives : pour ces associations conservatrices, ce genre de «désinformation» mène à l’épidémie de grossesses adolescentes, qui s’élèvent à plus de 400 000 par an dans le pays, dont 8 000 accouchements dans la tranche des 12-15 ans. «Les enfants sont surstimulés», affirme Luz María Ortiz, présidente de l’Union des parents d’élèves de l’Etat du Nuevo Léon, dont Monterrey est la capitale. Etalant sur son bureau les livres distribués par l’Education publique que son association entend mettre à l’index, Ortiz dénonce une incitation à la débauche : «A force de marteler ces thèmes, les manuels provoquent des pulsions sexuelles précoces. En outre, on inculque aux enfants une idéologie de genre, leur faisant croire qu’ils peuvent choisir leur sexe.» La leader de la révolte parentale désigne un exercice pour élèves de CP, les invitant à nommer les parties du corps sur des schémas. «Un éveil à la génitalité, selon elle. C’est un exercice isolé, il n’y a aucun développement, aucun encadrement. C’est comme leur lancer une bombe sans se préoccuper des dégâts.»


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