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samedi 8 juillet 2017

Préparer la transition entre pédopsychiatrie et psychiatrie adulte

07/07/2017


Selon les statistiques de l’OMS, les sujets de 10 à 24 ans représentent « un quart de la population mondiale », proportion historiquement la plus élevée pour cette tranche d’âge. Or vers 2020, rappelle le Dr Sabina Abidi, une psychiatre exerçant à l’Université d’Halifax (Nouvelle-Écosse, Canada)[1], la maladie mentale représentera « l’une des cinq causes principales de morbidité, de mortalité et d’invalidité chez les jeunes. » Dès à présent, « au moins 20 % » des jeunes Canadiens souffrent d’un « trouble psychiatrique affectant gravement leur trajectoire existentielle », notamment en termes d’une « association à des risques accrus » de certaines comorbidités (telles des addictions à des drogues) ou de conséquences psychosociales (comme des difficultés d’accès à un emploi ou/et à un domicile fixe, et des comportements délinquants).

Ne pas devoir repartir à zéro dans la prise en charge
Parmi les facteurs contribuant à cette situation préoccupante, un phénomène sur lequel on pourrait pourtant agir (et qui n’est d’ailleurs pas propre au Canada, puisqu’on le déplore aussi couramment en France) concerne le « manque de coordination » entre les services de pédopsychiatrie et ceux de psychiatrie adulte. Cette trop fréquente solution de continuité ou ce mauvais passage de témoin entre ces deux secteurs de soins en psychiatrie se révèlent d’autant plus préjudiciables pour les intéressés que ces dysfonctionnements se produisent à un « moment vulnérable de transition » entre l’adolescence et l’âge adulte. Il faut donc s’efforcer de « combler ce fossé » pour optimiser le suivi du jeune adulte, sans devoir repartir à zéro dans la prise en charge.
L’auteur évoque des pratiques pilotes dans ce sens, comme le Youth Transition Project dans l’Ontario ou les « cliniques Youthspace »[2] (Espace Jeune) à Birmingham (Royaume Uni) pour améliorer cette transition chez des patients âgés de 16 à 25 ans. Ces initiatives méritoires permettront sans doute de réduire la part d’aggravation imputable à une déliquescence du suivi psychiatrique, même de façon provisoire, entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte.  
Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCE
Abidi S : Paving the way to change for youth at the gap between child and adolescent and adult mental health services. Can J Psychiatry, 2017; 62: 388–392.

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