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samedi 21 janvier 2017

Le CH de Montfavet soutient une forte activité psychiatrique tout en étoffant l'offre médico-sociale

Dans un contexte de forte hausse d'activité en psychiatrie, le CH de Montfavet à Avignon travaille à enrichir son offre, notamment médico-sociale. Bien que titulaire d'une dérogation à un GHT, l'établissement contribue "activement" au projet médical du GHT du Vaucluse et travaille par ailleurs à créer une communauté psychiatrique de territoire.
Dans un climat général de tensions sur le financement des moyens des hôpitaux, auquel le CH de Montfavet à Avignon (Vaucluse) "n'échappe pas", le directeur de l'établissement spécialisé en psychiatrie a présenté le 17 janvier ses vœux aux personnels en mettant l'accent sur les nombreux projets portés par les équipes en dépit des contraintes budgétaires. "Malgré la modulation des financements qui nous est imposée au niveau régional, la situation financière reste maîtrisée", a souligné Jean-Pierre Staebler, ajoutant que des moyens obtenus en fin d'année de l'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) étaient venus conforter cet équilibre. L'année 2016 s'est révélée être une "très bonne année" concernant le bilan d'activité, "avec en termes de file active et d'actes pratiqués, le meilleur niveau jamais atteint dans l'histoire de l'hôpital" (lire l'encadré), a précisé le directeur. Si l'on peut "s'en féliciter pour la vitalité [des services de l'hôpital] et la capacité qu'ils ont à répondre aux besoins de la population, cela montre néanmoins, et c'est inquiétant, la forte prévalence des souffrances psychiques, fortement liées aux difficultés sociétales", a-t-il cependant commenté.


Un niveau "très soutenu" de l'activité en psychiatrie

Le directeur du CH de Montfavet décrit ainsi un "niveau très soutenu" de l'activité en psychiatrie au cours de l'année écoulée. Il précise que la file active de patients a "doublé en dix ans", avec quelque 23 500 patients différents ayant bénéficié de soins dans les structures de l'hôpital en 2016. Le nombre de journées d'hospitalisation complète est en légère hausse (+0,28%), alors que le nombre des entrées "croît encore sensiblement, mais avec des durées de séjour plus faibles". Parallèlement, les activités ambulatoires sont en "progression extrêmement importante", avec 325 000 actes ambulatoires en 2016, contre 311 000 l'année précédente, à comparer aux 220 000 actes de soins externes réalisés en 2012.

Bien que faisant partie des quelques hôpitaux psychiatriques ayant bénéficié d'une dérogation à l'appartenance à un groupement hospitalier de territoire (GHT), le CH de Montfavet ne compte pas pour autant se "draper dans un isolationnisme qui serait malvenu, alors que le parcours de santé du patient nécessite des collaborations". Il est ainsi "très associé au projet médical partagé du GHT de Vaucluse" : le CH a porté et coordonné avec ses partenaires hospitaliers les filières psychiatrie et addictologie du projet et est "pleinement associé" aux réflexions sur d'autres champs, comme la gériatrie, la périnatalité ou encore les urgences. De plus, la mise en œuvre du projet territorial de santé mentale, dont le CH devrait "être la cheville ouvrière" avec la création d'une communauté psychiatrique de territoire (CPT), lui permet de poursuivre la réflexion commune avec le CH d'Arles (Bouches-du-Rhône), avec ses partenaires médico-sociaux et sociaux. Par ailleurs, grâce à l'appui de la ville d'Avignon, la constitution d'un conseil local de santé mentale (CLSM) se poursuit, a expliqué le directeur.

Il a ensuite cité plusieurs projets menés en 2016, avec des financements nouveaux, comme l'extension de l'équipe de liaison pédopsychiatrique intervenant dans les structures médico-sociales de l'enfance handicapée et en pédiatrie. Le directeur a aussi insisté sur l'émergence de nouveaux projets médico-sociaux, avec la création d'un institut médico-éducatif (IME) et l'extension d'une maison d'accueil spécialisée (Mas). "Ces projets ont reçu un excellent accueil de l'ARS", a annoncé Jean-Pierre Staebler, tout en précisant que l'hôpital attendait le feu vert pour ces projets. Une décision est attendue, au niveau ministériel, d'autoriser, par fongibilité d'enveloppe sanitaire vers le médico-social, la conservation de moyens alloués au départ à la psychiatrie mais qui auraient dû être supprimés en raison de la péréquation régionale.
Le directeur a enfin évoqué des projets engagés en 2016, qui se concrétiseront en 2017 ou début 2018 : à savoir par exemple, de nouvelles unités d'hospitalisation pour les pôles d'Avignon, la relocalisation de la pédopsychiatrie aptésienne ou encore la réhabilitation de nombreuses unités de soins, notamment en géronto-psychiatrie.


Une poursuite de la mise en œuvre du plan directeur

Parmi les faits marquants en 2016 du plan directeur de l'établissement, ont été cités :
  • l'ouverture des unités de soins Les Bruyères et Les Tamaris ;
  • l'ouverture d'un nouveau centre médico-psychologique (CMP) de psychiatre infanto-juvénile à Orange ;
  • l'achèvement (tout récent) de nouvelles unités de soins de jeunes enfants, à vocation régionale, et d'adolescents ;
  • les travaux de création du nouveau bloc technique médical et du service de neuromodulation ;
  • les travaux de l'unité de soins La Roseraie pour le pôle d’Avignon ;
  • le lancement d'un concours d'architecture en vue de la construction d'un nouveau centre de soins destiné au regroupement de la pédopsychiatrie avignonnaise ;
  • le lancement d'un projet de centre de soins (psychiatrie générale et pédopsychiatrie) à Bollène.
Caroline Cordier
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