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lundi 10 octobre 2016

Antidépresseurs et risque suicidaire : remettre l’église au milieu du village…

07/10/2016

Malgré une augmentation constante des traitements antidépresseurs, l’incidence du suicide et des conduites suicidaires n’a pas été réduite au cours des dernières années. Les études épidémiologiques ayant montré que le risque suicidaire est le plus élevé au cours des premières semaines de traitement, les experts se sont penchés sur les facteurs de risque possibles d’un tel geste.

Parmi ceux-ci, Philippe Courtet a rappelé que le risque est d’autant plus important que la dépression est sévère et/ou récidivante ou avec des antécédents familiaux, mais aussi lorsque des événements de vie imprévus se produisent et quand les ISRS sont prescrits à doses plus importantes que recommandées. Mais la recherche a également mis en évidence des phénotypes particuliers à risque, notamment chez les patients avec capacité métabolique élevée des cytochromes CYP2D6-CYP2C19.
Enfin, des données plus récentes ont montré que les patients suicidaires sont généralement de moins bons répondeurs aux traitements antidépresseurs, pour des raisons qui restent encore à éclaircir : rôle du système glutamatergique ? Opioïdergique ? De l’inflammation ?
Quoi qu’il en soit, il faut garder en tête que le traitement antidépresseur reste encore aujourd’hui le traitement préventif le plus efficace du risque suicidaire dans la population générale.
Dr Dominique-Jean Bouilliez
RÉFÉRENCE
Courtet P : Antidepressant drugs and suicide: an update. 29th ECNP congress (Vienne) : 17-20 septembre 2016.

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