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mardi 11 décembre 2018

Conduite automobile et traitements psychotropes, aider à prendre le virage…inclusif

Publié le 29/11/2018

Malgré le renchérissement constant du coût de l’énergie, une voiture personnelle demeure souvent nécessaire pour les déplacements de nombreuses personnes dans le monde, « y compris certains patients souffrant de troubles mentaux », rappelle une équipe du département de psychiatrie de l’Université de Nagoya (au Japon) ayant coordonné une recherche concernant l’incidence des psychotropes sur les performances de la conduite automobile.

Croisant dans PubMed des mots-clefs liés aux tests de conduite avec d’autres mots-clefs liés aux médicaments psychotropes, cette étude a été motivée par le « flou » qui subsisterait dans ce domaine, avec l’objectif de procéder à une revue de la littérature spécialisée pour évaluer l’influence des médicaments sur la qualité de la conduite automobile. Retenant 121 publications jugées pertinentes, les auteurs ont observé que cette qualité de la conduite automobile était appréciée soit par des tests classiques de conduite réelle sur route, soit par des tests pratiqués avec des simulateurs de conduite.

Tests sur route ou sur simulateur

Si les tests de conduite effective sur route demeurent les plus fréquents, on constate que les évaluations sur des simulateurs de conduite tendent à devenir « de plus en plus courantes, en raison de leur sécurité et de leur faible coût. » Cependant, le caractère encore trop hétérogène et récent de ces différents tests sur simulateurs rend souvent « difficiles » les comparaisons pratiques entre leurs résultats. Alors que les tests de conduite réelle sur autoroute représentent la meilleure appréciation (gold standard) en la matière, la fiabilité des tests sur simulateurs et leur transposition tangible à la conduite réelle doivent encore être confirmées. Un autre point à améliorer concerne « la validité des méthodes d’évaluation de l’influence de l’alcool. »

À une époque où la réinsertion sociale des malades mentaux constitue un objectif très important, le développement de ce type d’étude est intéressant pour contribuer à ce fameux « virage inclusif », d’autant plus que la conduite d’une voiture demeure un critère essentiel, tant d’un point de vue concret (contre la carence de transports collectifs dans certains territoires) que psychologique, pour la restauration positive de l’image de soi à laquelle contribue ce statut d’automobiliste.

Dr Alain Cohen
RÉFÉRENCE
Iwata M et coll.: Evaluation method regarding the effect of psychotropic drugs on driving performance: A literature review. Psychiatry & Clinical Neurosciences; 2018: 72: 747-773.


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