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vendredi 30 juin 2017

Maladie de Parkinson : un algorithme pour prédire le déclin cognitif

Fabienne Rigal
| 30.06.2017


Une étude longitudinale internationale, faisant intervenir neuf cohortes dont une française, a permis de mettre au point un algorithme capable de prédire le déclin cognitif pouvant survenir jusqu’à dix ans plus tard chez les patients atteints de maladie de Parkinson (MP), grâce à des données cliniques et génétiques.
Cette étude, publiée dans « The Lancet Neurology », a porté sur près de 3 200 patients (chez lesquels environ 25 000 données associées ont été analysées), répartis en neuf cohortes. La cohorte française, promue par l’AP-HP et coordonnée par le Pr Jean-Christophe Corvol, du département de neurologie de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et de la Pitié-Salpêtrière, comprend 400 patients, suivis jusqu’à six ans dans quatre CHU et quatre hôpitaux généraux. « Il s’agit d’une cohorte longitudinale, dans laquelle nous avons mesuré l’apparition du déclin cognitif et certaines données, génétiques et cliniques, associées », indique le Pr Corvol au « Quotidien ».

Les patients atteints de MP seraient environ 10 % à développer une démence, d’après les études transversales. « Certains facteurs sont prédictifs du risque de déclin cognitif, en particulier l’âge de déclenchement de la maladie et la durée d’évolution de celle-ci, la sévérité motrice et cognitive, le niveau d’éducation, le sexe, la dépression ainsi que le statut génétique, ou plus exactement la mutation du gène de la béta-glucocérébrosidase », précise le Pr Corvol.
Ces différents facteurs clinico-génétiques sont pris en compte dans l’algorithme qui « permet de stratifier les patients, de donner leur risque individuel », poursuit-il. L’algorithme peut en théorie être utilisé dès maintenant par tout un chacun, mais un génotypage du gène de la béta-glucocérébrosidase est nécessaire, ce qui ne peut être réalisé que dans certains centres génétiques.
Préparer des essais thérapeutiques de précision
« Grâce à ce score, on pourra identifier les patients à haut risque de déclin cognitif, pour réaliser des essais cliniques de prévention dans des cohortes de précision, souligne le Pr Corvol. Une deuxième perspective est la prévention au niveau individuel : on sait que ces patients supportent moins bien certains médicaments (que l’on pourra ainsi éviter) mais aussi qu’ils bénéficient d’activité physique et de stimulation intellectuelle. » Cet algorithme pourrait aussi être employé plus spécifiquement en France, dans le réseau des 24 centres experts Parkinson (NSPARK-FCRIN), un réseau de recherche clinique, soutenu par l’INSERM dans le cadre du Plan des maladies neurodégénératives. « Ce réseau regroupe 20 000 patients pour lesquels on dispose des données cliniques », indique le Pr Corvol. Nous souhaiterions y associer une base de données biologiques qui permettrait d’appliquer cet algorithme en population. »

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