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mercredi 28 juin 2017

Lancement de Politika, nouvelle vitrine de la recherche française en sciences sociales

L’historienne Frédérique Matonti et le psychanalyste Richard Rechtman ont présenté Politika, une plate-forme qui offre une magnifique vitrine à la recherche française en sciences sociales.

LE MONDE  | Par 

« Quatorze laboratoires de l’EHESS, de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, de l’ENA et du Centre de formation des journalistes ont pu monter Politika, la dernière des grandes entreprises éditoriales et intellectuelles de l’EHESS » (Capture d’écran de la page d’accueil de Politika).
« Quatorze laboratoires de l’EHESS, de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, de l’ENA et du Centre de formation des journalistes ont pu monter Politika, la dernière des grandes entreprises éditoriales et intellectuelles de l’EHESS » (Capture d’écran de la page d’accueil de Politika).

Rencontrer des fonctionnaires, chercheurs en sciences sociales de surcroît, se féliciter publiquement des moyens mis à leur disposition pour mener à terme un projet ambitieux n’est pas chose extrêmement fréquente. La politiste Frédérique Matonti et le psychanalyste Richard Rechtman sont de ceux-là. Mi-juin, ceux-ci ont en effet pu présenter Politika, une plate-forme qui devrait rapidement devenir un site de référence dans l’univers des sciences sociales du politique.

Grâce à des financements publics obtenus en 2012, quatorze laboratoires de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, de l’ENA et du Centre de formation des journalistes – en tout 250 chercheurs (anthropologues, historiens, philosophes, politistes, sociologues) travaillant en France mais aussi à l’étranger – ont pu monter cette plate-forme, présentée comme la dernière en date des grandes entreprises éditoriales et intellectuelles de l’EHESS.


De fait, l’offre de Politika, disponible en français, en anglais et bientôt en espagnol, est alléchante, tant pour les chercheurs que pour un public plus large qui sera sensible au design très soigné et à la longueur relativement limitée des articles.

On y trouve quatre types de contenus : des notices, des entretiens, des ateliers et une revue, « Passés Futurs ». Parmi les premières notices, des sujets aussi variés que « La formation des catégories raciales » (de Jean-Frederic Schaub, directeur d’études à l’EHESS), « La place des femmes en guerre dans l’armée rouge » (par Amandine Regamey, maîtresse de conférences à Paris-I-Panthéon-Sorbonne) ou les débats que suscite en Italie la création d’un musée du fascisme à Predappio, la ville natale de Mussolini (par Sabrina Loriga, directrice d’études à l’EHESS).


Tropisme hispanique


Les entretiens constituent l’une des parties les plus originales du site. Ils permettent d’incarner la recherche en proposant à des chercheurs reconnus d’expliquer en 45 minutes environ leurs parcours et leurs travaux. On peut notamment entendre Francine Muel-Dreyfus (EHESS) revenir sur les identités sociales ou Daniel Roche (Collège de France) présenter l’héritage des Lumières. Des entretiens plus courts permettent à d’autres chercheurs, plus jeunes, de faire le point sur leurs recherches, comme Ioulia Shukan (maîtresse de conférences à Paris-Ouest-Nanterre) qui revient sur la « Génération Maïdan ».

Troisième grand pilier du site : la revue « Passés Futurs » qui présente des travaux sur l’usage public du passé. « Plutôt que de se faire redresseurs de torts ou gardiens du temple, [ils s’agit de] chercher à comprendre les différentes initiatives de mobilisation du passé aux niveaux où elles s’élaborent », explique sa directrice Sabrina Loriga. Au sommaire du premier numéro : « le concept de trauma historique ». A noter que le comité de rédaction est international, puisque ses membres viennent de France mais aussi d’Argentine, d’Uruguay et d’Espagne.

Enfin, des ateliers permettent à des chercheurs de présenter des équipes de recherche et de donner de la visibilité à des travaux en cours. On peut ainsi prendre connaissance de travaux sur l’édition française de Mein Kampf, sur les crimes de guerre nazis dans les prétoires ou sur le centenaire de 1917.

Même s’il reste aux responsables de Politika à relever deux défis – rendre le site véritablement international au-delà du tropisme hispanique et assurer le renouvellement régulier des contenus –, on ne peut que se féliciter de cette initiative qui offre, enfin, une magnifique vitrine à la recherche française en sciences sociales.

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