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vendredi 22 avril 2016

Deux enfants sur trois sont allaités à la naissance… mais vite sevrés

Coline Garré   20.04.2016

La part des nourrissons allaités à la naissance reste de 65 % en métropole, un chiffre stable depuis une décennie, constate la Direction de la recherche des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), au regard des derniers chiffres de 2013. Une proportion supérieure à la fin des années 1990 (où elle stagnait sous les 55 %), mais qui laisse la France dans la queue du peloton européen. Celui-ci est emmené par les pays scandinaves où 95 % des enfants sont allaités à la naissance. Un taux atteint grâce à une politique de protection sociale renforcée, souligne la DES.

L'allaitement ne suscite néanmoins pas le même engouement sur tout le territoire. Il est particulièrement pratiqué en Ile-de-France, dans l'Est, et dans les départements et régions d'outre-mer hors Mayotte, qui affichent une proportion de 85 %, voire 90 %, en Martinique, Guyane et Guadeloupe. Mais il est boudé dans le Nord (Aisne, Somme, Pas-de-Calais) et le centre (Cantal et Allier).

Moins d'un enfant sur cinq allaité pendant 6 mois

Le sevrage est précoce. 10 % des mères arrêtent l'allaitement dès la sortie de la maternité. À 5 semaines, la part des enfants allaités – de façon exclusive ou mixte –tombe à 50 %, puis à 40 % à 11 semaines, qui sonnent la fin du congé maternité.
À 4 mois, 30 % des enfants sont encore allaités, ils sont 18,5 % à 6 mois, seuil recommandé par la Haute Autorité de santé et l'Organisation mondiale de la santé.
En moyenne, la durée d'allaitement est de 19 semaines, avec une médiane située entre 15 et 16 semaines, constate la DES, tout en soulignant les mêmes disparités régionales que pour l'allaitement à la naissance.

La profession, le niveau de diplôme, l'âge de la mère entrent en comptent

La DES met en avance plusieurs facteurs déterminants, à commencer par la situation professionnelle de la mère : les cadres (74 %), les agricultrices, et les inactives montrant une plus forte propension à allaiter à la naissance que les ouvrières (51 %) ou les employées (61 %).
Le niveau de diplôme joue (71 % des femmes diplômées de l'enseignement supérieur allaitent, contre 55 % des non-bachelières), ainsi que l'âge (67 % des au moins trentenaires allaitent contre 61 % des plus jeunes).
Autre fait notable, le premier enfant est davantage allaité que le second ; et accoucher dans une maternité de type 3, à domicile, et en ayant suivi des séances de préparation à la naissance favoriserait l'allaitement.
Parmi les freins, l'étude cite la naissance prématurée ou par césarienne, le fait de fumer et la jeunesse des mères.
La DES rappelle que l'allaitement protège le nourrisson des infections gastro-intestinales, et dans une moindre mesure des infections ORL et respiratoires. Pour la mère, allaiter constituerait un facteur protecteur des cancers du sein en période pré-ménopausique, de l'ovaire, et de l'ostéoporose. Si le Programme national nutrition santé (PNNS) recommande l'allaitement de façon exclusive jusqu’à 6 mois et au moins jusqu'à 4 mois pour un bénéfice santé, « cette recommandation ne doit pas être prise comme une injonction culpabilisante, tant les raisons physiologiques, professionnelles ou personnelles qui peuvent amener une femme à ne pas allaiter sont nombreuses », lit-on.

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