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vendredi 31 octobre 2014

Des anomalies cérébrales ont été identifiées dans le syndrome de fatigue chronique

30/10/2014


Les personnes souffrantes du syndrome de fatigue chronique (SFC) présenteraient plusieurs anomalies cérébrales spécifiques, selon une étude menée par le Dr Jose Montoya, spécialiste des maladies infectieuses et de la médecine géographique à l’Université de Stanford, aux États-Unis. Le SFC se traduit par une fatigue importante qui ne disparaît pas, même après un repos. Le diagnostic de la maladie reste une étape difficile.

Réduction de la substance blanche et épaississement de la matière grise

Afin de cerner les mécanismes sous-jacents du syndrome, les chercheurs ont observé et analysé la structure cérébrale de 15 patients atteints du SFC et 14 volontaires en bonne santé par IRM. Les résultats publiés dans la revue médicale américaine « Radiology » ont permis de mettre en évidence chez les personnes touchées par le SFC une réduction du volume de la substance blanche. Les chercheurs ont également constaté que les personnes malades ont une anomalie structurelle de la matière grise présente dans l’aire de Broca dans le lobe frontal et l’aire de Wernicke dans le lobe temporal. Ces deux structures impliquées dans la compréhension et la génération du langage sont reliées par le faisceau arqué. Lors de l’analyse des données de l’IRM, un épaississement de la matière grise de ces structures a été observé par les chercheurs. « Plus ces deux parties du cerveau sont anormales, à savoir plus épaisses dans leur apparence, plus les symptômes sont sévères », explique le Dr Michael Zeineh, professeur adjoint de radiologie à la faculté de médecine de Stanford.

Améliorer les méthodes de diagnostic

Les causes du SFC sont encore méconnues, plusieurs études mettent en avant l’hypothèse d’une cause virale, d’une inflammation chronique agissant comme un facteur de déclenchement de la réponse immunitaire. Mais aucune étude n’a confirmé une telle explication. Les chercheurs espèrent également améliorer les méthodes diagnostiques, entre 1 et 4 millions de personnes sont touchées par le SFC aux États-Unis, selon les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).« Les symptômes comprennent la fatigue écrasante, mais aussi des douleurs articulaires et musculaires, des maux de tête invalidants, une intolérance alimentaire, des maux de gorge, l’élargissement des ganglions lymphatiques, des problèmes gastro-intestinaux, une pression sanguine et un rythme cardiaque anormaux et une hypersensibilité à la lumière ou au bruit », explique le Dr Jose Montoya.
Même si les résultats sont considérés comme « robustes » par l’équipe de chercheurs, ils doivent être confirmés par données. « Ce n’est qu’un début », explique le Dr Michael Zeineh. De nouvelles études approfondies permettraient d’envisager la possibilité de créer un biomarqueur spécifique du SFC qui pourrait aider au diagnostic. Le Dr Montoya espère aussi accélérer le développement de traitements plus efficaces que ceux qui existent actuellement.
Sophie Martos


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