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mercredi 9 mai 2018

La galerie Christian Berst bouscule une nouvelle fois les lignes de l’art brut !

LA DIAGONALE DE L’ART
 
Nul n’est censé ignorer la grammaticalité dominante, sinon il relève d’institutions aménagées pour les « sous-hommes » - enfants, autistes, fous, inadaptés, migrants… La galerie Christian Berst bouscule une nouvelle fois les lignes de l’art brut !
L’exposition do the write thing : read between the lines 2 présente à la galerie Christian Berst une trentaine d’artistes dont les œuvres brouillent les frontières tracées entre l’écrit et le dessin. En repoussant, une nouvelle fois, les lignes de l’art brut, Christian Berst nous rappelle combien les normes dominant la partition entre l’écriture et le figural restent aux fondements de notre culture, et que seuls les artistes parviennent à les traverser dans l’effroi du délire ou la joie de l’écrire !
Ne faut-il pas voir dans ces oeuvres d’art brut, la persistance d’une impulsion profonde à jouer avec les lettres comme avec des matières magiques, à contrario du travail de désincarnation de l’écriture, particulièrement intense au sein de notre culture, et renforcé avec l’épuration numérique en cours ?
« Que se trame t-il donc « dans l’intervalle du lisible et du visible » - comme le désigne Michel Thévoz – ou dans ce que Dubuffet appelait les « langages implicites » ?
Que se passe t-il quand le sens se dérobe sous la profusion des signes ? Quand, écrivant du dessin ou dessinant de l’écrit, il n’est plus question que de dire, par tous les moyens à sa disposition. Au risque, sans doute, que ce métalangage ne traverse le ciel sans toucher aucune cible. Rendant plus manifeste encore que nul autre que son auteur n’était sans doute visé. À moins, à moins que l’un de nous ne passe par là, prêt à s’émouvoir de ce soliloque, prêt à comprendre, littéralement à prendre en soi ce déferlement sémantique qui s’apparente à la « pulsion babélienne » dont parle Eric Dussert dans notre catalogue d’exposition. Et celui-là deviendrait de facto le destinataire providentiel de ce sibyllin déferlement, non pas comme un cryptographe hors pair, mais comme quelqu’un qui retrouverait en lui toutes les potentialités de l’expression. Capable aussi bien de ressentir le pouvoir évocateur de l’idéogramme, image et texte indissociés, comme aux temps immémoriaux, ou de se délecter des divagations durant lesquelles la science et la poésie vont l’amble. Voire d’éprouver la petite musique des graphorrhées qui se déploient comme des mantras.

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