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lundi 12 juin 2017

La maladie mentale pourrait avoir une origine intra-utérine mais ce n’est qu’une hypothèse

06/06/2017


The American Journal of Psychiatry consacre un article à l’hypothèse des « origines développementales de la santé et de la maladie », un postulat sur la qualité du développement fœtal conditionnant les « différences interindividuelles en matière de risque de maladie chronique pendant toute l’existence. » Il existe par exemple des « preuves d’une association entre le poids à la naissance et des symptômes ultérieurs de type psychotique. »

Même s’il ne s’agit pas là d’un déterminisme unique et systématique, mais d’un facteur de risque particulier et important, la reconnaissance de cet enracinement de certaines pathologies dès la vie intra-utérine a incité des institutions comme l’Organisation Mondiale de la Santé et le Fonds Monétaire International à considérer la santé de la femme enceinte comme une « priorité globale. » Susceptible notamment « d’éclairer des programmes d’intervention en psychiatrie », cette hypothèse d’altérations neuro-développementales à la base de certains troubles mentaux traduit l’importance du « bien-être maternel avant la naissance de l’enfant » et l’incidence de la « croissance fœtale pour les différences interindividuelles dans la vulnérabilité à l’égard des évolutions psychiatriques adverses. »
Analysant la littérature médicale sur ce thème, les auteurs observent ainsi que « l’anxiété maternelle, la dépression et le stress influent sur le développement neurologique. » Mais ils présentent des associations « modestes, faibles ou inexistantes » avec des médiateurs de stress connus comme les glucocorticoïdes ou avec la croissance fœtale. Cependant, il semble plutôt « qu’une atteinte du développement fœtal puisse entraîner une plasticité particulière (a “meta-plastic” state, un état « méta-plastique ») pouvant augmenter la sensibilité postnatale aux influences de l’environnement. Et malgré un grand intérêt accordé aux relations entre le développement fœtal et la santé ultérieure, la « pertinence clinique de ces associations » doit encore être précisée par des recherches approfondies. Mais il existe à la fois des « promesses considérables » et des « défis importants » pour les investigations futures sur ces composantes fœtales de la psychopathologie.
Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCES
O’Donnell KJ et Meaney MJ : Fetal origins of mental health: the developmental origins of health and disease hypothesis. Am J Psychiatry 2017; 174: 319-328.

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