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lundi 12 juin 2017

En direct du congrès de la FMF à Marseille Généralistes et psychiatres en quête de solutions pour décloisonner la prise en charge


Psychiatres, psychologues, généralistes… le rôle de chaque praticien dans la prise en charge des patients atteints de troubles psychiatriques est souvent difficile à déterminer. Si bien qu'un atelier était consacré à ce sujet lors du congrès de la FMF. Une matinée animée par un psychiatre de Levallois-Peret Joël Bardel, à laquelle de nombreux adhérents confrères psychiatres mais aussi généralistes ont participé. Les échanges, parfois vifs entre les deux corps de médecins ont démontré la nécessité d'améliorer la coordination et la communication entre eux. Notamment à l'évocation des nouvelles expérimentations menées dans huit départements, qui prévoient le remboursement par la CPAM de 12 séances de psychothérapies par an pour les jeunes adultes de 11 à 21 ans. Ces consultations seraient assurées par des psychologues libéraux. Un choix qui interroge les psychiatres de la FMF. "Cela pose plusieurs questions, résume Joël Bardel. Quelles thérapies seront privilégiées par les psychologues et au détriment de quelles autres ? Et qui prescrira ces thérapies ?". Les psychiatres regrettent d'autant plus cette décision que la moitié d'entre eux a actuellement plus de 60 ans et que le pédopsychiatre "est une espèce en voie de disparition", lance un praticien dans l'assemblée.

Pénurie de soins spécialisés que les généralistes confirment : "C'est parfois très difficile d'avoir un rendez-vous chez le psychiatre, l'accès aux soins est compliqué", témoigne une généraliste. Et plus que cet obstacle, c'est toute la coordination généraliste/psychiatre qui a fait l'objet de discussions. "Lorsqu'on adresse un patient à un psychiatre car on est dépassé, nous n'avons parfois aucun retour", déplore un généraliste. "Une simple lettre de compte-rendu ferait qu'on est moins perdu lorsqu'on suit un patient psy", enchaîne un autre. Un retour pas si simple selon les psychiatres : "Il est difficile de rendre un diagnostic psychiatrique qui par définition est flou. Si je mets par écrit mon analyse, cela devient une certitude", répond le Dr Bardel.
Pour décloisonner la prise en charge de la santé mentale, des intiatives locales existent pourtant. C'est le cas dans le sud des Yvelines, où le Réseau de promotion pour la santé mentale (RPSM) met en relation psychiatres, psychologues, libéraux ou hospitaliers, avec le médecin traitant pour suivre le patient dans son parcours de soins de A à Z. Ce partage d'expérience dans le cadre du congrès de la FMF qui permettra peut être aux adhérents de s'inspirer de cette initiative locale. "Mieux travailler ensemble pour mieux soigner les patients", conclut en fin de séance le Dr Bardel.

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