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vendredi 18 mars 2016

« Self care » : 1,5 milliard d'euros d'économies possibles par an, selon les industriels du secteur

Henri de saint Roman 15.03.2016
Défini comme la prise en charge et la gestion de sa santé au moyen de médicaments, de compléments alimentaires et de dispositifs médicaux par l'individu lui-même, le « self care » pourrait faire économiser jusqu'à 1,5 milliard d'euros par an à notre système de santé, juge l'AFIPA, qui regroupe les industriels de l'automédication. Ces économies se décomposent en un milliard économisé sur les ordonnances, et 500 millions sur les consultations.

Les généralistes convertis à l'automédication ?

Le contexte n'a jamais été aussi favorable au développement du « self care », estime l'AFIPA. Selon un sondage que l'association a commandé à la SOFRES (auprès de 1 003 patients et 301 médecins), ces derniers (sans doute en raison de la baisse démographique) semblent convertis aux vertus du « self care ».
Les généralistes interrogés estiment en effet que 45 % de leurs patients seraient capables de soigner leurs pathologies bénignes avec des médicaments sans ordonnance et sans leur intervention. Plus généralement, ces praticiens calculent que 16 % de leurs consultations pourraient être remplacées par une automédication responsable. Les patients interrogés ne sont pas en reste. 80 % d'entre eux ont déjà eu recours à l'automédication au cours des 12 derniers mois, et 60 % sont prêts à payer de leur poche pour des pathologies bénignes.

173 molécules à dérembourser

Alors que des échéances électorales majeures se rapprochent, l'AFIPA entend alerter et guider les politiques sur ce sujet. Dans un « Manifeste pour le développement du self care en France » qu'elle mettra prochainement en ligne (www.afipa.org), elle préconise l'établissement d'une liste de pathologies bénignes adaptées à l'automédication (acné mineure, constipation occasionnelle, toux, remontée acide, bouton de fièvre, mycose vulvovaginale, conjonctivite allergique, ou hémorroïdes pour ne citer que celles-là), et le déremboursement des médicaments correspondants. Soit 66 indications et 173 molécules.
Afin de renforcer l'automédication, l'AFIPA suggère que ces médicaments devraient être intégrés au dossier pharmaceutique et au DMP (pour éviter le mésusage) et de ramener leur taux de TVA de 10 % à 2,1 % comme les médicaments de prescription. Enfin, l'association recommande d'inclure les spécialités d'automédication à la CMU pour ne pas pénaliser les personnes à faibles ressources.
En 2014, l'automédication ne représentait que 15,4 % (en volume) du marché français des médicaments, contre 32,3 % en moyenne en Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Italie, Suède et Royaume-Uni.
Les Français dépensent en moyenne 32,10 euros par an en automédication, contre 45,80 euros en moyenne dans le reste de l'Europe. En 2015, le marché du « self care » a augmenté de 6,4 %, selon l'AFIPA.

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