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samedi 31 décembre 2016

« Je m’énerve, même face à un mur », les vertus de la colère

LE MONDE | 
Depuis vingt-cinq ans, le sociologue et psychothérapeute Stephen Vasey organise en Suisse et en France des séminaires de formation à la « colère saine ».
Un homme exprime sa colère lors d’une manifestation anti-Trump à Oakland, en Californie, le 9 novembre 2016.

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la colère ? 

Stephen Vasey.- Je suis né en Suisse, mais mes parents sont anglais. Les Britanniques manient le sarcasme, pas la colère. Ils n’expriment pas leurs émotions. Il faut être flegmatique, en contrôle. A l’école, j’entendais : « Vasey, on ne peut pas l’énerver. » Mais je somatisais avec des maux de ventre.

Ma première femme m’a montré ce qu’était la colère. Quand on se disputait, elle explosait, puis c’était oublié. Elle était « fluide » avec ses émotions. Moi, pas du tout. Je gardais rancune. Comme psychothérapeute, j’ai compris que la colère pouvait permettre de se remettre d’aplomb. J’ai donc monté la formation « Célèbre ta colère et ta puissance ».
Vous voulez donc réhabiliter la colère ?
C’est une émotion mal-aimée et « mal élevée ». Elle est malsaine, inutile, autodestructrice quand elle est mal vécue. Et quand elle n’est pas exprimée, quand on rumine, une charge émotionnelle demeure qui peut faire des dégâts psychiques et physiques.




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