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dimanche 22 janvier 2017

ÉLECTIONS 2017 Les huit idées clés santé des sept candidats à la primaire de la gauche de ce week-end



LE FAIT
Qui de Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Manuel Valls sera à son avantage ce dimanche dans les urnes ? À gauche, le premier tour de la primaire du PS et de ses alliés fera un premier ménage parmi tous ces prétendants. Petit rappel des projets santé égrenés ces derniers mois.

L'ANALYSE

Dans l'optique de l'élection présidentielle* se tiendra ce dimanche 22 janvier le premier tour de la primaire du Parti socialiste (PS) et de ses alliés, également dénommée primaire citoyenne de 2017. Le deuxième tour suivra sept jours plus tard. À cette occasion, 7 530 bureaux de vote seront ouverts en métropole et outre-mer pour permettre de départager deux candidats parmi les sept aujourd'hui en course : Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Manuel Valls. Depuis plus d'un an maintenant pour certains et quelques semaines pour d'autres, ces derniers ont égrené, chacun leur tour, leur programme en matière de santé, de vieillissement, de handicap et, plus globalement, d'évolution des finances publiques : assurance maladie, sécurité sociale, fonction publique... Ce 19 janvier à trois jours du scrutin, c'est l'occasion de balayer de long en large ces projets à travers les articles parus ces dernières semaines dans Hospimedia.

De gauche à droite, en partant du haut : Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Manuel Valls.
De gauche à droite, en partant du haut : Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Manuel Valls.



Un maître mot : la défense des services publics

Pour nombre d'éléments sur la santé du moins, les prétendants saluent le bilan de l'actuel quinquennat. Et ceci qu'ils soient ou non membre du PS. Ils y apportent toutefois leur petite touche personnelle pour ancrer un peu plus encore dans les esprits leur totale opposition au projet défendu à droite par François Fillon. De fait, leurs intentions mettent avant tout l'accent sur la défense de l'hôpital public et de ses personnels — qui va parfois jusqu'à l'annonce de la création de milliers d'emplois —, la lutte contre les déserts médicaux, la préservation du modèle actuel de Sécurité sociale et la préservation voire l'extension des droits sociaux. Certes, des variantes se font jour, surtout chez les candidats affichés à l'aile gauche du PS, pour renforcer un peu plus encore l'accès de tous aux soins. Mais dans la quasi totalité des cas, c'est avant tout l'aspect "service public" qui revient pour bien se démarquer de l'opposition. Et cela prévaut aussi bien pour le sanitaire que le médico-social, les personnes âgées comme handicapées. En toile de fond, chaque candidat espère ainsi qu'en cas de victoire à la primaire ce discours pro-service public parviendra à faire démentir les sondages. Ceux-ci tablent à ce jour en effet sur une bérézina du PS au premier tour de la présidentielle, lâché non seulement dans les intentions de vote par François Fillon et Marine Le Pen mais plus inquiétant pour lui par Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon (lire notre article).


Huit mesures phares pour chaque candidat

Jean-Luc Bennahmias :
(lire notre article, son site de campagne)

  • Autoriser une légalisation contrôlée du cannabis ;
  • demander à l'industrie pharmaceutique, française ou intervenant en France, de participer à l'effort de santé public et d'équilibre des comptes de l'Assurance maladie ;
  • maintenir les 35 heures ;
  • orienter plus massivement l'action de l'État en faveur de la recherche médicale ;
  • ouvrir 24h/24 de façon systématique des dispensaires dans toutes les grandes agglomérations ;
  • reconnaître les médecines différentes, telles la médecine chinoise ou l'ostéopathie ;
  • revaloriser les revenus des professions médicales, spécialement à l'hôpital public, ainsi que ceux des orthophonistes, infirmiers et aides-soignants ;
  • s'orienter sur une retraite par répartition par points.

François de Rugy :
(lire notre article, son site de campagne)

  • Créer un statut de professionnel de santé de proximité via un master médical ouvert aux professionnels de santé ayant au moins dix ans d'expérience ;
  • gérer de manière stricte les effectifs et la masse salariale des fonctionnaires avec d'éventuelles adaptations statutaires pour les nouveaux entrants ;
  • instaurer un service civique à trois mois obligatoires, six mois en stage rémunéré et un an avec un capital de 12 000 euros ;
  • instituer un contrat de santé liant patients, généralistes et mutuelles ;
  • légaliser l'euthanasie et le suicide assisté pour les personnes en fin de vie ;
  • maintenir l'aide médicale d'État (AME) en la surveillant par le biais d'un fichier national de suivi ;
  • ne faire évoluer le panier de soins remboursés que sur la base des services médicalement constatés tout en engageant une réforme du mode de fixation du prix des médicaments ;
  • ouvrir la procréation médicalement assistée à toutes les femmes et encadrer strictement la gestation pour autrui.

Benoît Hamon :
(lire noarticles (santé et social), son site de campagne)

  • Adopter un revenu universel d'existence comme une réponse notamment à la pénibilité des emplois du secteur médico-social ;
  • créer une mission nationale d'accès aux soins, intégrée aux ARS avec budget et personnel dédiés, pour faciliter l'installation des médecins en zones sous-dotées ;
  • instaurer un conventionnement conditionnel des médecins faisant en sorte que chaque installation en zone sur-dotée ne soit plus conventionnée ;
  • instituer des médecins généralistes ville-hôpital, à même d'être lié à un groupement hospitalier de territoire (GHT) ;
  • moderniser, simplifier et rendre plus transparent l'évaluation et la fixation du prix des médicaments ;
  • reconnaître le burn out comme maladie professionnelle
  • reconnaître le temps de transition entre les équipes hospitalières ;
  • sanctuariser l'assurance maladie obligatoire en mettant un terme notamment aux politiques d'allégements de cotisations sociale.

Arnaud Montebourg :
(lire notre article, son site de campagne)

  • Accélérer le transfert de compétences des médecins vers les autres professionnels de santé en étant plus volontaire sur l'instauration du modèle licence-master-doctorat (LMD) pour les paramédicaux ;
  • créer 25 000 postes à l'hôpital public d'ici 2022 ;
  • créer des dispensaires du XXIe siècle et encourager l'émergence de maisons et centres de santé ;
  • développer une consultation annuelle remboursée à 100% pour les moins de 25 ans, afin d'opérer une détection plus précoce des problèmes de santé ;
  • engager un plan de bataille contre l'insécurité sociale par la création d’une mutuelle publique à dix euros ;
  • instaurer une allocation personnalisée d'autonomie (Apa) unique regroupant toutes les aides existantes (Apa, aide sociale à l'hébergement, aides fiscales et aide au logement) tout en diminuant le reste à charge de l'accompagnement de 10 à 15% ;
  • mettre sur pied un nouveau service public de proximité en collaboration avec les mairies et départements, dans le prêt de locaux notamment, et adossé à l'offre hospitalière la plus proche ;
  • opter pour un service public d'accompagnement de la perte d'autonomie prévoyant une augmentation du nombre de places d'hébergement.

Vincent Peillon :
(lire notre article, son site de campagne)

  • Appliquer le troisième plan Autisme (2013-2017) dans son intégralité ;
  • créer un droit opposable aux services publics notamment en matière sanitaire et médico-social ;
  • développer la télémédecine par un financement adéquat ;
  • inciter les 20 000 médecins remplaçants à exercer dans les déserts médicaux par des exonérations de cotisations et d'impôts ;
  • indexer la part des dépenses allouées à l'hôpital public en l'indexant sur l'augmentation naturelle des dépenses de santé ;
  • instaurer un service public de maisons de retraite avec séjour gratuit ou à contribution extrêmement faible et créer 50 000 nouvelles places d'hébergement d'ici 2022 ;
  • légaliser l'aide médicale à mourir tout en universalisant l'accès aux soins palliatifs ;
  • mettre en place une complémentaire santé publique.

Sylvia Pinel :
(lire notre article, son site de campagne)

  • Accorder un droit à mourir dans la dignité couplé à une grande loi sur la bioéthique et permettre à toute femme de recourir sans condition à la procréation médicalement assistée (PMA) ;
  • augmenter les effectifs des services de cancérologie ;
  • créer un institut dédié aux affections cardiovasculaires avec un plan comparable à l'actuel plan Cancer ;
  • généraliser les médicaments génériques et la délivrance des médicaments à l'unité ;
  • instituer un contrôle parlementaire sur la politique conventionnelle ;
  • redéfinir les critères de présence des hôpitaux et des maternités ;
  • refuser toute coercition dans l'installation des médecins mais renforcer les mécanismes incitatifs ;
  • revaloriser progressivement le minimum vieillesse jusqu'à 85% du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic).

Manuel Valls :
(lire notre article, son site de campagne)

  • Adopter un projet de lutte contre la fracture territoriale comprenant notamment une intensification de la lutte contre les déserts médicaux ;
  • créer un revenu décent pour tous dans une logique de protection sociale universelle, résultant de la fusion des minima sociaux pour toute personne âgée de dix-huit ans et plus (sous condition de ressources) ;
  • décréter la santé environnementale comme grande cause nationale ;
  • inscrire la qualité de vie au travail comme l'un des chantiers prioritaires de l'hôpital public ;
  • instituer des services publics solides et humains pour pleinement adapter la société à la dépendance et au soutien aux aidants, notamment familiaux ;
  • mettre sur pied un grand plan de la médecine de proximité et revenir sur le numerus clausus pour former plus de médecins ;
  • rembourser à 100% et donc sans ticket modérateur d'un ensemble de soins de ville ;
  • supprimer les dépassements d'honoraires en secteur 2 conventionné et s'orienter sur une convergence tarifaire progressive via un tarif unique et opposable.

              Thomas Quéguiner

              * L'élection présidentielle aura lieu les dimanches 23 avril et 7 mai prochains.

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