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vendredi 30 octobre 2015

Six régions évaluent l'impact de groupes d'entraide mutuelle sur le quotidien des usagers handicapés

Volonté d'amélioration du fonctionnement de l'action publique à l'esprit, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) et la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) se lancent dans une nouvelle étude. Afin de mesurer les effets induits par la fréquentation des groupes d'entraide mutuelle (Gem) sur la situation de vie des adhérents, elles viennent de missionner l'association nationale des centres régionaux d'études, d'actions et d'informations en faveur des personnes vulnérables (Creai) sur une évaluation qualitative. Lancée le 2 octobre sur six régions de France, celle-ci devrait s'achever en juillet 2016.

Bretagne, Île-de-France, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Lorraine et Nord-Pas-de-Calais... au total, 25 des 394 Gem de France participeront à cette étude*. Réalisée à partir d'entretiens croisés auprès d'une cinquantaine d'adhérents, la démarche "ne cherche pas tant à établir une représentativité statistique que la diversité de fonctionnement des Gem", précise Lise Burgade, directrice adjointe des établissements et services médico-sociaux à la CNSA, en évoquant par exemple les Gem itinérants.

Sur cette base, les données recueillies devraient permettre d'identifier les changements perçus par l'usager quant à ses choix, ses compétences sociales, ou encore l'expression de son projet de vie depuis son inclusion au sein du Gem. Mais, au-delà, c'est toute l'imbrication du Gem dans son écosystème qui semble intéresser. Que ce soit dans le secteur social, médico-social, sanitaire, l'insertion dans la cité, "il s'agit de ne pas réduire le Gem à un dispositif complémentaire à la politique médico-sociale ou à un dispositif passerelle vers les dispositifs médico-sociaux, [...] mais de discerner dans quelle mesure la participation au Gem favorise l'accès de ses adhérents aux autres ressources du territoire", complète Lise Burgade."Matière première à la compréhension des parcours de vie des adhérents", les éléments qui remonteront de l'étude pourraient donc mieux appréhender les mécanismes facilitateurs d'accès aux dispositifs de droit commun, auprès d'une population connue pour sa situation de non-recours aux droits. Et peut-être déboucher sur des recommandations concernant le développement de partenariats souhaités et sur de nouveaux indicateurs, utiles à de futurs bilans d'activités.

Gem : points de repère

Créés en 2005 dans le cadre de la loi Handicap du 11 février pour répondre aux besoins des usagers et associations de handicap psychique, les groupes d'entraide mutuelle (Gem) bénéficient aux personnes en situation de handicap psychique ou souffrant de lésions cérébrales. Organisés sous forme associative, ils entendent favoriser le lien social et lutter contre l'isolement en offrant un lieu de rencontre, d'échange et de soutien aux adhérents. On compte aujourd'hui 394 Gem en France.
Agathe Moret 
* 20 des 25 Gem sélectionnés présentent des adhérents en situation de handicap psychique, le 5 restants bénéficiant à des personnes souffrant de lésions cérébrales acquises.
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