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mardi 21 mars 2017

L'idée d'un droit opposable à l'accès aux soins fait son chemin chez les jeunes et futurs médecins


Cinq formations de jeunes et futurs médecins ont organisé ce 15 mars la première convention nationale pour un meilleur accès aux soins dans les territoires. Ils ont présenté leurs propositions autour de l'attractivité de l'hôpital mais également de l'incitation à l'installation. L'idée d'un droit opposable à l'accès aux soins a aussi émergé.

S'unir pour réfléchir aux solutions efficaces et innovantes permettant de garantir un accès aux soins équitable sur le territoire. Ce 15 mars, l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG), l'Intersyndicat national des chefs de clinique assistants (ISNCCA), le Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (Reagjir) et le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) ont organisé leur première "convention nationale pour un meilleur accès aux soins dans les territoires". Avant un débat entre les représentants des différents candidats à l'élection présidentielle (lire encadré) les cinq formations ont présenté leurs propositions pour un meilleur accès aux soins.



Un débat avec les représentants des candidats

Tour à tour, ils ont présenté leurs idées concernant l'accès aux soins dans les territoires et sont parfois allés au-delà, évoquant la formation initiale, la sécurité sociale ou encore la formation continue. Pour débattre en amont de l'élection présidentielle, les organisateurs ont convié l'ensemble des candidats et leurs représentants. Étaient présents ce 15 mars : Noam Ambrourousi (nom d'emprunt) pour La France insoumise ; Mickael Ehrminger pour le Front national ; Jean Leonetti pour Les Républicains ; Michel Amiel pour En Marche ! ; et Jean-Pierre Enjalbert pour Debout la France. Initialement annoncé, Jacques Cheminade a préféré décliner l'invitation pour se consacrer à la collecte de ses signatures tandis que le Parti socialiste n'a pas donné suite, ont indiqué les organisateurs en marge de l'événement.

Plus d'attractivité


Premier levier : inciter les médecins à l'installation. Des mesures doivent être prises dès la formation. Les structures jeunes souhaitent une campagne de recrutement national de maîtres de stage "pour faire sortir les étudiants des établissements", a expliqué Émilie Frelat, la présidente du SNJMG. Cela implique plus de moyens pour la formation et "une vraie rémunération" pour les maîtres de stage. "Nous souhaitons que la rémunération soit spécifique. Côté étudiant, il faudrait plus de moyens d'accueil, avec par exemple des aides au logement. Évidemment l'incitation passe par l'argent mais c'est le nerf de la guerre", poursuit la présidente. L'universitarisation des maisons de santé, pour accueillir internes et externes, est aussi prônée. Tout comme la simplification et l'accompagnement dans les démarches administratives. "Nous proposons la création d'une plateforme d'aide à l'installation, avec un référent qui puisse épauler les futurs installés", poursuit Émilie Frelat.

Au-delà des incitations à l'installation, c'est de l'attractivité de l'exercice libéral qu'il est question. Le groupe demande la fin de "la carence de 90 jours" pour les médecins et en conséquence une meilleure protection sociale. Simplification des démarches administratives, aides financières pour l'utilisation d'aide administrative pour recentrer le médecine sur son temps médical, encouragement à l'exercice mixte sont proposés. Les formations de jeunes en profitent pour renouveler leur souhait de participer aux négociations conventionnelles "pour donner leur vision de leur avenir" et demandent également "un vrai statut conventionnel aux remplaçants".

Un droit opposable à l'accès aux soins


Quid de l'hôpital ? Alors que les textes créant la prime d'engagement et la prime d'exercice territorial sont parus ce 15 mars au Journal officiel, les cinq formations dressent une liste de propositions pour améliorer l'attractivité de son exercice. Cela passe par la valorisation et une meilleure évolutivité des carrières, un recentrage de l'activité sur le temps médical, la possibilité pour tous d'accéder à la recherche, et, une nouvelle fois, à l'exercice mixte.

Des mesures qui ont été enrichies par différents ateliers organisés dans le cadre de cette convention nationale. Numerus clausus, épreuves classantes nationales (ECN), efficience des parcours de soins... Plusieurs idées sont nées ou ont été relayées au cours de ces discussions. C'est le cas notamment de la création d'un droit opposable à l'accès aux soins. Sur le modèle du droit au logement opposable, les citoyens pourraient ainsi se retourner contre les services publics si l'offre de soins n'est pas suffisante. La création d'un guichet unique dans les facultés de médecine a aussi été abordée. Il permettrait d'épauler les étudiants dans leur installation. Il s'agit dans ce cas d'étendre les expérimentations en cours.
Clémence Nayrac

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