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mardi 20 décembre 2016

Réforme de la médecine du travail : les internes plus ouverts que leurs aînés

Marie Foult
  Alors que le décret d'application relatif à la réforme la médecine du travail (issue de la loi El Khomri) est attendu très prochainement, l'Association nationale des internes en médecine du travail (ANIMT) défend sur ce sujet une position beaucoup moins critique que les syndicats de praticiens en exercice. Dans un courrier adressé au « Quotidien », l'association des internes de cette spécialité s'adresse ainsi à ses confrères « dont le discours ne nous semble pas ajusté aux réalités de demain »
| 20.12.2016  

Contrairement à la plupart des syndicats « seniors » qui ont vivement dénoncé la réforme de la médecine du travail votée cet été, les internes de la spécialité jugent même cette refonte « indispensable au regard des besoins actuels de la profession »

Déni de réalité
L'ANIMT estime en particulier qu'il n'est plus possible de faire croire que les médecins du travail pourront voir la totalité des salariés avec la même périodicité, quelles que soient la gravité et la fréquence des risques professionnels auxquels ils sont exposés. « Il est étrange de constater que cette visite médicale systématique, tellement dépréciée dans l'imaginaire collectif, soit défendue aujourd'hui avec autant de force », juge l'association des internes. « Nous avons du mal à comprendre pourquoi les syndicats ne veulent pas évoluer, nous ne sommes plus assez nombreux, les pratiques d'avant ne sont plus possibles, il y a un déni de réalité », regrette sa présidente, Camille Baschet.
L'ANIMT défend également le travail en équipe pluridisciplinaire qui reflète à ses yeux « l'immense étendue des risques professionnels potentiels et leur caractère évolutif ». Cette pluridisciplinarité (accentuée par la réforme) a été décriée par certains syndicats qui y voient une menace de dilution de la médecine du travail.
L'association des internes souhaite enfin améliorer l'attractivité de cette spécialité, peu mise en avant lors des études de médecine. « On ne nous parle que d'accidents du travail et de risques professionnels, explique-t-elle. Le discours des syndicats autour d'une spécialité en voie de disparition et le pessimisme ambiant ne donnent pas non plus envie d'y aller ! » 

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