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mercredi 21 décembre 2016

«Les entreprises préfèrent le handicap physique au psychique»

Par Amandine Cailhol — 20 décembre 2016
Des membres de l'association Clubhouse Paris, dans le XIXe arrondissement.Des membres de l'association Clubhouse Paris, dans le XIXe arrondissement. Photo Edouard Caupeil

Une association d’aide aux bipolaires, schizophrènes ou grands dépressifs les prépare, par des activités collectives, à leur retour à la vie professionnelle. Le 1er janvier, un dispositif d’accompagnement entrera en vigueur avec le même objectif.

Sur le tableau blanc, qui occupe tout un mur, des activités ont été inscrites au feutre effaçable : gestion du standard téléphonique, ménage, préparation des repas, comptabilité. En face, des prénoms. Ceux des volontaires, tous membres du Clubhouse Paris, prêts à prendre en charge les tâches du jour. Cet après-midi, ils sont une vingtaine à siéger autour de la grande table, pièce maîtresse de cet espace parisien du XIXe arrondissement aux allures de cabinet d’architectes. Un lieu ouvert en journée et géré par des personnes vivant avec un trouble psychique, «fragilisées» mais «désireuses de sortir de leur isolement». Sur un autre pan de mur, un texte de François de La Rochefoucauld complète la déco : «Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il le croit.»
Créée en 2011 grâce à des dons et inspirée d’un modèle développé aux Etats-Unis dans les années 40, puis en Europe (70 établissements, dont un seul en France), cette association «d’accompagnement à l’autonomie» promeut la réinsertion sociale par le travail. «Au départ, il y a un constat : en vingt ans, le nombre de lits en hôpitaux psychiatriques a été divisé par deux. Les personnes souffrant de troubles psychiques sont de moins en moins enfermées, puisque le suivi médical se fait en ville, mais bien souvent, elles rompent leurs parcours professionnel et social», explique Céline Aimetti, déléguée générale de l’association Clubhouse France, dont dépend la structure parisienne. Et d’ajouter : «Ici, on ne parle pas de maladie. On apprend plutôt à vivre avec, en ayant une vie active, et si possible un emploi.»

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