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jeudi 8 septembre 2016

A chaque âge son écran : les recommandations des pédiatres

Roxane Curtet  08.09.2016

Les écrans amusent, distraient, captivent, hypnotisent et souvent ils nous simplifient l'existence au point qu’on ne s’imagine plus vivre sans. Pourtant malgré leur aspect ludique, plusieurs travaux démontrent qu’un mauvais usage de ces technologies peut nuire au développement des enfants. L’Association française de Pédiatrie ambulatoire (AFPA) a réalisé une enquête descriptive sur le sujet. Inquiet des résultats, le Dr François-Marie Caron, pédiatre à Amiens et membre de l’association, donne des conseils aux parents afin qu’ils puissent introduire les écrans au bon moment. Le spécialiste s’appuie sur la règle des « 3-6-9-15 » mis au point par Serge Tisseron et relayée par l’AFPA en 2011.

Les écrans, pas à plein temps
Cette enquête inclut les familles suivies par 144 pédiatres de l’association. Elle révèle que44 % des adultes prêtent leur téléphone portable à leur enfant de moins de 3 ans pour l’occuper ou le consoler. Apparemment, les chérubins deviennent adeptes de plus en plus précocement. En effet, presque un enfant sur deux de moins de 3 ans utilise un écran interactif comme une tablette ou un smartphone. Les enfants de 3 à 6 ans passent en moyenne 30 minutes par jour devant ce type d’écran et la moitié le font sans la présence d’un adulte. Pour ce qui est de l’écran préféré des plus jeunes : la télévision, là aussi les experts ont constaté un mésusage chez les enfants en bas âge. Plus d’un tiers des moins de 3 ans visionnent des programmes qui ne leur sont pas adaptés comme le journal télévisé (ils sont 61 % à le regarder dans cette classe d’âge).
Selon les pédiatres, avant 3 ans, l’usage d’une tablette n’est pas prioritaire. Elle n’est nullement nécessaire au développement. Si l’enfant le demande, on peut l’initier à partir de 2 ans et demi. Entre 3 et 6 ans, user d’une tablette même de manière ludique ne doit pas monopoliser l’attention et se substituer aux jeux traditionnels. Il faut toujours l’utiliser sur des périodes courtes et jamais pendant les repas ou avant le coucher.
Pour les jeunes zappeurs, attention à la publicité ! Un enfant ne sait pas la distinguer des programmes TV avant l’âge de 5 ans. Il est également important que les parents évoquent avec lui les messages qui sont diffusés via ce média. En réalité, avant l’âge de 3 ans il n’existe pas de programme réellement adapté pour eux. Et après cet âge, il est conseillé d’établir des règles sur le temps de visionnage. De manière générale, le journal télévisé est à éviter avant 6 ans et doit être regardé avec la présence d’un adulte.
Des enfants pas à cran devant l’écran
Les accrocs à la console devront ménager leur pouce. Les jeux vidéo doivent rester un passe-temps occasionnel. Après 12 ans, les jeunes commencent à s’affirmer à travers les jeux en réseau, mais il faut rester vigilant car un mésusage peut cacher une dépression ou un manque d’estime de soi. En général, une chute dans les résultats scolaires correspond à un signal d’alarme.
Les jeunes surfeurs devraient être accompagnés lors de leur découverte d’internet jusqu’à l’âge de 9 ans. Il est nécessaire de leur apprendre à protéger leurs échanges. En revanche,les réseaux sociaux sont à éviter avant 12 ans. Parler à son enfant des tentations qui existent sur la toile et fixer un temps imparti peut être primordial.
De nos jours, le téléphone portable a tendance à remplacer le nounours au moment d’aller se coucher. En effet, après 12 ans, l’enfant peut s’affranchir des repères familiaux, on peut donc voir avec lui quand il est souhaitable de lui offrir son premier téléphone. Mais il faut fixer des limites dans son utilisation, en particulier le soir. La luminosité de l’écran du smartphone mime la lumière du jour, ce qui empiète sur le temps de sommeil. D’après les chiffres, 15 % des adolescents envoient des SMS en pleine nuit. Le Dr Caron préconise « de couper la Wifi pendant la nuit et de laisser les portables dans la cuisine ».

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