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dimanche 10 août 2014

A Zurich, le premier refuge européen pour électrosensibles

Le Monde.fr | 
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Le premier immeuble anti-allergène d’Europe a été achevé en décembre 2013, à Zürich.

A première vue, rien ne distingue cet immeuble d'habitation de la banlieue de Zurich de ceux qui l'entourent. Situé sur les hauteurs du tranquille quartier de Leimbach, ses murs couleur sable sont entourés d'un vaste jardin aux herbes folles. Les grands arbres de la forêt d'Entlisberg, perchés sur la montagne avoisinante, étendent leur ombre rafraîchissante sur les environs.
C'est en raison de ce cadre privilégié que le bâtiment, destiné à accueillir des personnes souffrant d'hypersensibilité chimique multiple (MCS) et d'électrosensibilité, a été construit là. « Cinq lieux étaient à l'étude au départ, confie Christian Schifferle, à l'initiative du projet. Des mesures ont permis de savoir que ce site était très peu irradié grâce à la montagne toute proche, qui offre un cadre protecteur. » L'absence d'antennes était aussi un préalable à la construction, ainsi que la qualité de l'air.
Migraines, fatigue chronique, difficultés à se concentrer, problèmes respiratoires, dépression, intolérances alimentaires… l'énoncé des troubles des quatorze habitants donne le tournis.« Nous ne supportons pas les émanations de produits chimiques et l'émission d'ondes électromagnétiques provenant des réseaux sans fil », résume M. Schifferle.
A 59 ans, il se dit hyperallergique et électrosensible depuis l'enfance. Ses douleurs l'ont contraint à vivre de longues périodes en forêt, reclus dans une roulotte aux parois recouvertes de papier d'aluminium. A l'époque, toutes les odeurs l'agressent : parfums, produits de nettoyage, peintures, fumée de cigarette… A l'âge de 35 ans, il découvre dans la presse que d'autres personnes souffrent des mêmes symptômes, qui, lorsqu'ils atteignent un niveau critique, contraignent les malades à interrompre toute vie professionnelle et sociale. Avec pour seule ressource sa pension d'invalidité, Christian décide de faire de la reconnaissance de sa pathologie son combat.

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