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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

mardi 13 janvier 2015

Cannes : les balades des patients de psychiatrie dans le quartier inquiètent les voisins de l'hôpital

13 janvier 2015

Des voisins de l'hôpital de Cannes s'émeuvent de croiser des patients du pôle santé mentale en promenade dans le quartier, en pyjama et parfois pieds nus.
Le problème est vraisemblablement récurrent selon les témoignages des riverains mais finit par poser question, voire inquiéter.

L’ex-mentor des frères Kouachi, élève infirmier, affirme qu’il est possible de tourner la page du jihadisme

13/01/2015

Farid Benyettou, l’ex-mentor des frères Kouachi, peut-il exercer le métier d’infirmier en France ? Peut-on devenir professionnel de santé après avoir été condamné en 2008 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ?
Le jeune-homme de 33 ans, qui était encore en contact avec Chérif Kouachi il y a deux mois, a répondu à sa manière à cette question dans une interview publiée par iTélé. Dans cette vidéo de près de 3 minutes 30, Farid Benyettou condamne fermement l'attentat de « Charlie Hebdo » des frères Kouachi et qualifie les assassinats de « lâches et monstrueux ».

Contre le harcèlement, le vivre ensemble

Enfant / Ado - Auch (32) - Réseau ADO 32


Le docteur Nicole Catheline avec le docteur Chantal Dejean qui anime ADO 32 /Photo DDM, S.L
Le docteur Nicole Catheline avec le docteur Chantal Dejean qui anime ADO 32 /Photo DDM, S.L
Avec à l'ordre du jour hier soir et aujourd'hui «le harcèlement et les jeux dangereux en milieu scolaire», le réseau ADO 32 animé par le docteur Chantal Dejean propose aux adultes de s'informer et d'échanger au contact notamment du docteur Catheline.
Le réseau ADO 32 organisait hier soir à Auch, une conférence tout public autour de la question «mon enfant est harcelé : comment réagir?» animé par le docteur Nicole Catheline, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Poitiers. Sur le thème plus large des «harcèlements et jeux dangereux en milieu scolaire», ADO 32 réunit aujourd'hui au centre hospitalier, le docteur Catheline et d'autres intervenants dont le docteur Chantal Dejean ainsi que Mme Ceccato, principale du collège de Fleurance et référente départementale sur le harcèlement, pour une journée d'information et d'échanges avec les professionnels directement concernés par ces problématiques. 

Erasmus +, ticket pour les hôpitaux psychiatriques d’Europe

l'avenir.net NAMUR 

C’est l’établissement namurois qui coordonnera le projet se déroulant dans des institutions psychiatriques de 11 pays européens.
C’est l’établissement namurois qui coordonnera le projet se déroulant dans des institutions psychiatriques de 11 pays européens.
Le Centre Saint-Martin coordonne un projet européen d’échanges de futurs pros de la santé mentale. Un tutorat pour mieux former la relève.
Il est un secteur de la médecine qui intrigue et fascine autant qu’il effraye. Celui de la santé mentale. À sa simple évocation, certains se remémoreront l’asile, théâtre de l’intrigue de Vol au-dessus d’un nid de coucou, le best-seller de Ken Kesey magnifié à l’écran par Milos Forman en 1975…
En 40 ans, les lieux et les pratiques ont pourtant évolué. Mais le milieu psychiatrique souffre toujours de ces vieux stéréotypes… même parmi les professionnels.




Terroristes islamistes : "C'est la même mécanique que pour les nazis"

09/01/2015


VIDÉO - Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik estime que les terroristes islamistes sont volontairement façonnés selon une mécanique identique à celle qui a amené au régime nazi

Terroristes islamistes : "C'est la même mécanique que pour les nazis"
Boris Cyrulnik était de passage ce vendredi à Bordeaux pour présenter son dernier livre
De passage à Bordeaux vendredi pour la parution de son dernier livre "Les âmes blessées" (Odile Jacob) et la commémoration de la rafle des juifs, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a participé à l'émission "Point de vue" sur TV7 Bordeaux (à voir aussi sur le site de TV7). Il y a longuement commenté l'actualité, le dramatique attentat de Charlie Hebdo et la prise d'otages de Vincennes. En voici les principaux extraits.
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Psychiatrie. Une filière dédiée en Cornouaille

LE TELEGRAMME 14 janvier 2015/ Bruno Salaün

Il n'y a plus d'accueil d'urgences désormais à la Clinique 10 mais une « unité...


Il n'y a plus d'accueil d'urgences désormais à la Clinique 10 mais une « unité d'appui et de régulation ». 

Une nouvelle filière de prise en charge psychiatrique est opérationnelle, depuis lundi, en Cornouaille. Avec deux points d'entrée : les centres médico-psychologiques et les urgences de proximité. 

C'est une illustration de la volonté de l'Union hospitalière de Cornouaille et de ses cinq établissements adhérents d'organiser les prises en charge en filières de soins. Dans le champ psychiatrique, le nouveau dispositif mis en place lundi s'appuie sur deux types d'unités pour les patients de plus de 16 ans : les sept centres médico-psychologiques de l'EPSM Gourmelen répartis sur le territoire d'une part ; les services d'urgence de proximité de Quimper, Concarneau, Douarnenez et Pont-l'Abbé en lien avec l'Unité médico-psychologique du centre hospitalier de Cornouaille d'autre part. « Le centre médico-psychologique est le pivot, le principal point d'entrée du patient qui, suivi en ambulatoire, à des contacts réguliers avec nos professionnels. En 2013, 78 % des 9.595 personnes suivies par l'EPSM Gourmelen ont été pris en charge uniquement par les CMP. Nous renforçons leurs missions. Si une hospitalisation est décidée lors d'une consultation, le patient sera alors directement pris en charge par une seule équipe de secteur, du CMP jusqu'à l'unité d'hospitalisation à l'hôpital Gourmelen. Le patient n'aura plus à passer par plusieurs étapes et donc à devoir éventuellement raconter plusieurs fois son histoire », insiste Pascal Bénard, le directeur de l'EPSM. 


lundi 12 janvier 2015

ANOREXIE MENTALE: ILS MAIGRISSENT POUR EXISTER

BELGIQUE  Anne-Cécile Huwart 06/01/2015

Souvent considérée comme une maladie de filles, l’anorexie mentale touche de plus en plus de garçons. Sébastien et Lucas en parlent à cœur ouvert.

Petit, j’étais bouboule, commence Lucas, 17 ans. Je ne me sentais pas très bien dans ma peau. Il y a environ un an, j’ai maigri suite à une appendicectomie. Cette perte de poids m’a donné de l’assurance. Alors, j’ai commencé à moins manger, puis à me faire vomir. Au début, je gardais ça secret. Jusqu’au jour où mon entraîneur de tennis a signalé à ma mère que je n’étais pas très en forme." Cette alerte confirme alors les soupçons de Julie, la maman de Lucas. "J’avais déjà des doutes sur ses vomissements. Lucas quittait souvent la table très vite. Il était déprimé, il maigrissait. Je me suis renseignée sur Internet concernant l’anorexie. Et je me suis dit: voilà, on y est. J’ai directement mis cartes sur table avec lui. Il m’a tout dit. On a pleuré tous les deux." Julie a aussitôt contacté un médecin spécialisé et un psychologue. Mais malgré sa prise en charge, Lucas a continué à maigrir. "On le pesait tous les vendredis matin, il perdait chaque semaine un ou deux kilos, poursuit la maman. A un moment, j’ai dit stop. Il fallait l’hospitaliser." Lucas ne pesait plus que 45 kg pour 1 m 62.

L’anorexie... Un trouble alimentaire généralement associé aux jeunes filles souhaitant ressembler aux mannequins faméliques qui défilent sur les podiums et dans les magazines. Mais cette maladie concerne aujourd’hui de plus en plus de garçons. "Il y a trois ans, sur 100 personnes qui demandaient un rendez-vous, quatre ou cinq étaient de sexe masculin, déclare le docteur Yves Simon, psychiatre et directeur du programme anorexie/boulimie au Domaine ULB Erasme situé à Braine-l’Alleud. Aujourd’hui, nous en accueillons entre 10 et 15. Pour un garçon anorexique sur dix il y a quelques années, on en observe désormais un pour 8 à 9." 






Un haut quotient intellectuel protège-t-il de la schizophrénie ?

Par Alain Tranet | jeudi 8 janvier 2015






neurones cerveau
Crédits : Massachusetts General Hospital and Draper Labs
Avoir un quotient intellectuel élevé diminuerait les risques de développer des troubles associés à la schizophrénie, selon une nouvelle étude.
Les individus dotés d'un quotient intellectuel élevé seraient moins susceptibles de développer des troubles associés à la schizophrénie, selon une nouvelle étude. Un résultat qui vient contredire certains précédents travaux montrant qu'au contraire, les personnes à haut potentiel étaient plus susceptibles que les autres de développer des maladies mentales comme la schizophrénie.

Vers une médecine préventive des chômeurs avec les généralistes ?

12.01.2015

Développer une « médecine préventive des chômeurs ». Telle est la proposition de Michel Debout dans son livre Le Traumatisme du chômeur, à paraître jeudi. Pour ce psychiatre spécialiste du suicide, « il faut qu’il y ait une médecine préventive des chômeurs, comme il y a une médecine préventive du travail ». Et de détailler les modalités de cette prise en charge, avec une première consultation « dans les deux à trois mois qui suivent la perte d’emploi », un deuxième rendez-vous « à six mois » pour les chômeurs dont l’état risque de se dégrader ou « après un an de chômage » pour les autres. Puis, deux ans après la perte d’emploi, « un dernier examen de prévention » pour orienter le chômeur, si besoin « vers des soins au long cours ».

dimanche 11 janvier 2015

La France garde son dynamisme démographique

LE MONDE |  | Par 


C’est une minuscule hausse, un infime progrès qui doit tout de même être mentionné en premier parmi les résultats du bilan démographique publié mardi 13 janvier par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) : l’indice conjoncturel de fécondité est repassé en 2014 à deux enfants par femme. Il était passé légèrement en dessous de ce seuil symbolique en 2013. Pour l’heure, les mesures de politique familiale prises depuis mai 2012, dont la droite affirme qu’elles mettent en péril le dynamisme démographique français, n’ont donc pas d’impact sur la natalité, qui reste stable. La France reste le pays le plus fécond d’Europe avec l’Irlande.

Polémique : et si le délai de carence augmentait les arrêts de travail…

10.01.2015

Voilà une étude* qui va peut-être clore le débat entre majorité et opposition sur les délais de carence des I J… Ou peut-être le relancer, tant il est vrai que ses conclusions penchent plutôt en faveur de la première. Ces derniers mois, on a assisté à une vive polémique sur le sujet, la droite instaurant, sous Sarkozy, un délai de carence pour les fonctionnaires qui n’en avaient pas. La gauche détricotant ensuite cette réforme, sous Hollande… La première mettait en avant un principe d’égalité entre salariés du privé et du public, mais aussi un principe de responsabilité des salariés. A l’inverse, la gauche observait que, de toute manière les deux tiers des salariés du privé voyaient déjà eux aussi leurs trois premiers jours d’arrêts de travail pris en charge dans les grandes entreprises…

Sur le sujet, la Drees vient donc de trancher, en travaillant sur ces deux catégories de salariés du privé : les deux tiers de chanceux, couverts pendant leurs trois premiers jours d’IJ et le tiers restant qui y est de sa poche. La conclusion du service recherche et statistique du ministère de la Santé est sans ambiguité : non seulement, le délai de carence ne favorise pas l’arrêt maladie, mais il semble même qu’on soit moins longtemps en congé maladie quand on est bien couvert. En fait, « les taux de recours sont quasiment équivalents pour les salariés couverts durant le délai de carence », observe, d’abord l’étude, qui constate 29,2% d’arrêts de travail pour les personnels couverts contre 28,7% pour ceux qui ne le sont pas. En revanche, le statut de protection sociale joue sur la durée. Et pas dans le sens qu’on aurait imaginé : en moyenne, deux jours de moins par an pour les mieux pris en charge. Différence encore plus conséquente parmi les salariés qui ont eu au moins un arrêt dans l’année : 7 jours.

samedi 10 janvier 2015

La psychanalyse à l'épreuve de la guerre

Marie-Hélène Brousse - La psychanalyse à l'épreuve de la guerre.
Après le premier conflit mondial certains avaient pu croire qu'on pouvait en finir avec la guerre. Depuis, non seulement il y a eu la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi toutes les autres qui ont suivi. Les modalités de la guerre se transforment continuellement, mais elle ne cesse jamais. Aujourd'hui multiple, diverse, elle manifeste les traits de l'époque qui est la nôtre en ce début de xxie siècle : le déclin des figures d'autorité traditionnelles au profit du chiffre, des fonctions et des procédures standardisées ; le statut de Un-tout-seul du sujet qui modifie la psychologie des foules ; la montée au zénith des objets des technosciences, qui permettent de tout voir, de tout savoir et de faire la guerre sans y être physiquement ; l'information en temps réel pour tous. 



Le monstre n’est pas caché dans un lac : il est au fond de nous

Didier Morisot | Infirmier psy



         et

Didier Morisot est infirmier en psychiatrie. Il nous raconte les pathologies, les délires de cet « abruti » d’inconscient, les coups de blues des soignants, la délicatesse dont il faut faire preuve avec les patients.

Il y a longtemps, un de mes profs a eu une parole prophétique : « Morisot, vous finirez mal si vous continuez comme ça. » Il avait raison, j’ai fini en psychiatrie.
Bon, d’accord, je suis du bon côté de la barrière, si tant est qu’il y en a un meilleur que l’autre. En attendant, ça me change des urgences, ce pays de cow-boys où l’on enfonce, avec zèle, un tas de tuyaux dans le corps des gens.

En psychiatrie, on a le temps

Il y a donc un temps pour tout ; la conquête de l’Ouest est finie, et la bête passe de l’agitation à l’introspection.
Le modèle n’est plus l’agité du bocal qui saute sur le beefsteak, mais la force tranquille qui temporise afin d’éviter l’horreur absolue : la précipitation. Même que pour certains collègues qui cavalent en médecine ou en chirurgie, il faut être un gros fainéant pour bosser en psychiatrie.
En tout cas, on y trouve un truc qui n’existe plus ailleurs : du temps ! Royal. Très souvent, on peut même soulager sa vessie en direct. Si, si, je vous promets.
Infirmier en soins généraux, c’est comme être caissière en supermarché ; il faut s’organiser à l’avance (sortir l’agenda, calculer le nombre de perfusions à poser, d’injections, de pansements, etc.) avant d’envisager une délivrance vésicale. Mais en psychiatrie, non. Si vous avez envie de changer l’eau du bocal, vous y allez.

Charlie Hebdo : le Dr Elsa Cayat parmi les victimes

 08/01/2015






Crédit photo : DR
Psychiatre et psychanalyste de 54 ans, Elsa Cayat est la seule femme à avoir été abattue mercredi dans l’attaque menée contre « Charlie Hebdo ». La chroniqueuse de la rubrique « Charlie Divan », passait au crible des faits de société, deux fois par mois. Le Dr Cayat était également l’auteur de plusieurs œuvres sur le couple et la sexualité, dont l’un avec la participation d’Antonio Fischetti, enseignant-chercheur en physique.

vendredi 9 janvier 2015

La FHF s’inquiète du risque de « démantèlement » du service public hospitalier

09/01/2015


Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, est ressorti inquiet de sa rencontre avec Marisol Touraine au sujet de la loi de santé, a rapporté la FHF ce vendredi dans un long compte rendu.
Après les négociations directes fin décembre entre le ministère de la Santé et la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) et les« déclarations victorieuses » de son président Lamine Gharbi sur l’accord obtenu, la FHF déclare redouter un « démantèlement du service public », faute de garanties.
L’appréhension de la FHF porte principalement sur deux points : la nature du futur service territorial de santé au public (STSP) ; et le bloc des obligations à respecter pour participer au service public hospitalier (SPH).

Loi de santé : un collectif de psychiatres appelle les médecins à tirer profit du service territorial

09/01/2015

C’est une voix différente dans le concert de critiques contre la loi de santé. Le « collectif pour une psychiatrie de progrès », think thank sur le système de santé créé en 2013, appelle les acteurs du soin à lire« autrement » la loi présentée par Marisol Touraine.
Selon le collectif, les agences régionales de santé (ARS) n’ont pas les moyens d’imposer des parcours aux médecins dans le cadre du service territorial de santé au public, défini dans l’article 12. « Si cette disposition a le moindre sens, c’est en tant qu’elle inciterait les acteurs du terrain à se parler, s’entendre, s’organiser », écrit-il.
Le collectif voit même dans l’élaboration de ces parcours une opportunité pour mieux reconnaître la place de chacun, hospitaliers et libéraux, usagers et aidants, social et médico-social. « Ou bien le service territorial de santé au public sera mis en place par les acteurs de terrain, et selon leurs vœux, ou bien il restera lettre morte », veut-il croire.

Dr Richard Rechtman : « Un tel attentat renvoie à un sentiment d’impuissance épouvantable »

09/01/2015






Dr Richard Rechtman, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. - Crédit photo : AFP
Interrogé au lendemain de l’attentat contre « Charlie Hebdo », le psychiatre et anthropologue Richard Rechtman, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), analyse l’impact de ces événements sur les esprits.
Le Quotidien : Peut-on dire que la société est dans un état de sidération ?
Dr Rechtman : On observe un état d’indignation majeure plutôt que de sidération. La sidération, au sens psychique, empêche de réagir. Au contraire, depuis l’attentat, il n’y a aucune paralysie, les gens ont manifesté spontanément ou diffusé des messages sur les réseaux sociaux.
Un attentat comme celui-ci renvoie à un sentiment d’impuissance épouvantable, impuissance à le prévenir, à s’en protéger, à arrêter les auteurs qui partent en cavale. Quand l’impuissance est à ce point forte, cela génère une grande angoisse, ainsi que la nécessité d’agir et de témoigner.
Il y a d’abord une phase d’émotion, avec plus que de l’empathie et de la compassion : une identification assez générale. J’ai reçu des patients en urgence qui sont dans un trouble profond, avec des larmes qui ne sont pas feintes, comme s’ils avaient été atteints littéralement dans leur chair et dans leurs valeurs.
Mais on n’est plus dans le pur émotionnel. Si les Français arrivent à se réunir sur une place, à rester silencieux un certain temps, puis à dire des choses communes, c’est qu’un début de rationalisation apparaît.

Addictions : un outil minute pour repérer les "consommateurs à risque"

09.01.2015

La Haute Autorité de Santé a publié jeudi un outil "simple" et rapide pour aider les médecins à repérer et aider ceux qui ont une "consommation à risque" en matière d'alcool, de tabac ou de cannabis. L'outil se présente sous forme d'une brochure avec plusieurs étapes: d'abord un questionnaire pour évaluer le risque encouru, puis une sensibilisation rapide pour inciter le patient à réduire ou arrêter de consommer. "Une minute peut suffire" pour évaluer la consommation et "cinq minutes permettent" de sensibiliser et de demander au patient s'il envisage de réduire sa consommation, explique la HAS.
 

Le document de la HAS
Sur l'alcool, deuxième cause évitable de cancer après le tabac, la HAS rappelle qu'il est à proscrire durant toute la grossesse et aussi sensibilise sur le phénomène de "binge drinking" à savoir la consommation ponctuelle mais massive d'alcool, pratiqué par certains jeunes. On parle de "binge drinking", ou de "biture expresse", lorsqu'au moins six verres standard d'alcool (10 cl de vin ou 25 cl de bière par exemple) sont bus par une personne en une seule occasion. Cette pratique nécessite une "prise en charge adaptée", souligne la HAS.

Jean-Claude Kaufmann : «Le lit est la ligne de front du couple»

ANNE-CLAIRE GENTHIALON

Il y a la couette. Que chacun tire à soi. Les courants d’air que l’autre fait en se glissant dessous. Ses pieds froids. La lumière de sa tablette. La mauvaise haleine du matin. Sans parler des nuisances sonores du genre ronflements assourdissants ou pets inopinés. Pas facile de dormir à deux. Au-delà de l’amour partagé, de l’envie de se lover tout contre l’être aimé, le lit est bien souvent le théâtre de guérillas nocturnes. Un champ de bataille où les amants élaborent, chacun de leur côté, des tactiques sournoises pour ne pas céder une once de territoire. De l’enroulement façon rouleau de printemps à l’édredon jeté entre les deux moitiés. C’est cette «tendre guerre» qui se joue entre les draps que Jean-Claude Kaufmann, sociologue du couple et directeur de recherches au CNRS, analyse dans son dernier ouvrage, Un lit pour deux, à paraître mercredi prochain. Ringard de s’intéresser à l’art de partager son plumard ? 
Pour le chercheur, on aurait «tort de négliger le lit», ce lieu intime où se mêlent tendresse, sexe, mais aussi gênes et agacements. A travers 150 témoignages récoltés dans les chambrées, il voit se dessiner les nouvelles aspirations des couples. Et celles de la société.

L’aide médicale à mourir, une nécessité

PHILIPPE BATAILLE SOCIOLOGUE, DIRECTEUR D’ÉTUDES À L’ECOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SCIENCES SOCIALES (EHESS, PARIS, CADIS)

Le débat national sur la fin de vie des Français est toujours dans l’impasse. Les propositions faites au président de la République par les députés Alain Claeys et Jean Leonetti sur les directives anticipées et sur la sédation n’envisagent pas l’aide à mourir et elles ne tiennent pas compte des procès tenus en 2013. Celui autour de Vincent Lambert, qui est tétraplégique et inconscient depuis six ans (lire aussi pages 4 et 5 du 8 janvier). Et celui de l’urgentiste Nicolas Bonnemaison, accusé de sept assassinats par empoisonnement, qui fut acquitté le 2 juillet par la cour d’assises de Pau. Ces deux grandes affaires, qui intéressent les Français, montrent les nécessités de l’aide à mourir.
L’acharnement thérapeutique dont Vincent Lambert est victime, depuis des années, consiste à l’alimenter et à l’hydrater. Artificielle depuis son accident de la route en 2008, sa vie a longtemps dépendu de l’indécision, ou de la décision, médicale de suspendre l’hydratation et l’alimentation. Seulement, sitôt saisie par les parents Lambert, qui s’opposent au Conseil d’Etat autorisant l’arrêt de tous les traitements dont il dépend pour vivre, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a suspendu le droit de surseoir à son existence avant qu’elle ne se prononce. Réduit à cet état, le tétraplégique pauci-relationnel (1) ne tire nul bénéfice des directives anticipées renforcées (le Conseil d’Etat avait validé le 24 juin celles simplement orales qu’il avait confiées à son épouse). Il peut, certes, tirer parti de la sédation profonde et continue, mais pour de nouveau mourir de faim et de soif. Quel regard la Cour européenne des droits de l’homme va-t-elle porter sur la législation française après son audience du 7 janvier ?
L’acquittement du docteur Nicolas Bonnemaison, par la cour d’assises de Pau en juin, a lui aussi été remis en cause par le parquet général qui a fait appel. Le médecin a, en outre, appris que la Cour de cassation de la section du contentieux du Conseil d’Etat a validé la décision par laquelle la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins l’a radié définitivement.
Le cas Lambert montre aux Français les difficultés que la médecine française rencontre pour mettre fin à un authentique acharnement thérapeutique. Quant à l’affaire Bonnemaison, elle prouve qu’il est toujours difficile pour un soignant d’être entendu et défendu en rapport avec sa conscience médicale.
A rapprocher ces deux affaires, on voit que la médecine et le droit considèrent l’alimentation et l’hydratation artificielles du grand handicapé comme un traitement, alors que les soins palliatifs sont toujours moralement dus à l’être vulnérable qui agonise, en dépit du bon sens médical d’un urgentiste qui sait que les unités de soins palliatifs (USP) n’accueillent pas en leurs lits l’arrivée à la fin de l’agonie, pas même d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou de gériatrie. Ceux-là meurent bel et bien dans des activités d’urgence.