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jeudi 27 avril 2017

15 intellectuels tirent les leçons du premier tour de la présidentielle 2017

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Et si cette élection avait finalement été passionnante ? Par Régis Jauffret, Aurélien Bellanger, Elisabeth Roudinesco...

L’OBS, 23 avril 2017
Le bonheur individuel,

Elisabeth Roudinesco

Rédigé le dimanche 23 juste après le résultat.  

Certes je me réjouis de cette victoire d’Emmanuel Macron qui est, de justesse, en tête de cette élection pas comme les autres mais  très représentative de notre époque si troublée : terrorisme, capitalisme fou, président américain égaré en mer de Chine, etc. Mais je ne peux accepter comme un fait acquis la présence au deuxième tour de cette présidentielle, du Front national, qui incarne tout ce que la France a de plus détestable : xénophobie, racisme,  nationalisme, héritage de Vichy, etc. J’aurais préféré  un duel entre deux représentants des vrais partis républicains.


Si l’élimination de Marine Le Pen n’a pas été possible, cela tient d’une part à l’instauration des primaires, machine à diviser l’unité des partis au nom de leur prétendue démocratisation interne, et de l’autre, aux choix qui en résultent. François Fillon aura été le pire candidat pour la droite en incarnant les valeurs d’une France passéiste,  repliée sur un catholicisme d’un autre âge, entre « nos ancêtres les Gaulois »  façon Alain de Benoist et « Y-a-bon Banania » modèle Zemmour.  

La gauche de gouvernement, elle, a été mise en déroute bien avant cette campagne, dès lors qu’un premier ministre en exercice, Manuel Valls, a osé dire que les deux gauches étaient irréconciliables et qui a eu pour obsession de transformer le beau combat pour la laïcité  en une croisade contre le burkini.  En conséquence, Benoît Hamon, malgré une campagne digne, s’est trouvé dans l’incapacité de réunir ce qui était déjà divisé.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, tribun à l’ancienne, il a sans doute redonné une dignité à un peuple de gauche désemparé mais il n’a pas  produit un programme susceptible de rassembler quoi que ce soit.  Et voilà que maintenant – grande crise caractérielle -il refuse de soutenir clairement le vainqueur de ce scrutin,  Emmanuel Macron, candidat du bonheur individuel, qui n’a ni parti, ni majorité, mais qui a réussi un véritable tour de force : faire barrage au pire dans un conjoncture de déploration, de Burn out et de fascisme rampant.  

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