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samedi 15 avril 2017

Dermatologie au cinéma : les méchants sont très souvent malades

Le Monde Blogs , par Marc Gozlan

© Disney Wiki
Vous êtes-vous jamais demandé ce qu’il pouvait y voir de commun sur le plan physique entre les horribles personnages incarnés à l’écran par le Dr Hannibal Lecter (Le Silence des Agneaux), Dark Vador (Star Wars) et Regan MacNeil (L’Exorciste) ? Ne cherchez plus ! Toutes les réponses, parfaitement documentées, se trouvent dans un article publié le 5 avril dans la revue JAMA Dermatology. Il est signé par trois dermatologues américains, cinéphiles avertis cela va sans dire.
Les Drs Julie Croley, Richard Wagner (université de Galveston, Texas) et Vail Resse (San Francisco, Californie) ont recensé les problèmes dermatologiques des dix plus grands héros et dix plus grands méchants à partir d’une liste de 100 personnages établie par l’American Film Institute (AFI). Les héros y sont définis comme des personnages qui s’imposent dans des circonstances exceptionnelles par leur sens de la morale et du courage. Par leur esprit de sacrifice, ils symbolisent ce qu’il y a de meilleur dans le genre humain. A l’inverse, les méchants sont caractérisés par leur malveillance, leur égoïsme, leur quête de puissance. Ils avancent sans masque le plus souvent et peuvent être diaboliques.
Que montre la comparaison entre les vingt héros et vilains sur le plan dermatologique ? Eh bien, que 6 des 10 plus grands méchants des classiques du cinéma américain ont des problèmes de peau. Plus précisément, 30 % présentent une alopécie (calvitie) importante, 30 % ont des lésions pigmentées au pourtour des yeux, 20 % des rides faciales profondes, 20 % de multiples cicatrices au visage, 20 % des verrues vulgaires (les biens nommées !) et 20 % un rhinophyma. Cette lésion dermatologique correspond à une hypertrophie progressive, plus ou moins inflammatoire, du nez.
Pour les auteurs, ces indices visuels provoquent chez le spectateur de l’appréhension ou de la peur vis-à-vis d’une chose non familière. Ils établissent un parallèle avec la noirceur intérieure du personnage.
Rien de tel chez les dix héros dont aucun ne présente de véritable pathologie cutanée, à l’exception d’une légère calvitie ou de petites cicatrices sur le visage. Au cinéma, les gentils sont donc bien dans leur peau.
Alopécie
Une alopécie (ou perte de cheveux) est présente chez le Dr Hannibal Lecter (Le Silence des agneaux, 1991), M. Potter (La Vie est belle, 1946) et Dark Vador (Star Wars, Episode V : l’Empire contre-attaque).
© Flickr
La calvitie est l’un des symboles du mal depuis l’époque du cinéma muet, notent les auteurs. Max Schreck, chauve et pâle, incarnait déjà l’horrible vilain dans Nosferatu le vampire en 1921.

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