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mercredi 18 juin 2014

Mediglotte, une appli de traduction médicale gratuite développée par un carabin

 21/06/2014

Étudiant en 6e année de médecine, Pierre-Alexis Balaz a créé Mediglotte.
Comment dit-on « Tu as mal… », en suédois ? Ou « Je dois suturer la plaie », en roumain ? La réponse est dans Mediglotte. Cette application pour téléphone mobile référence le vocabulaire médical de base et les tournures de phrases les plus courantes dans une vingtaine de langues issues des cinq continents. De quoi permettre à un médecin francophone de se débrouiller face à un patient étranger dont il ne maîtrise pas la langue maternelle.
Mediglotte est disponible gratuitement depuis le 11 juin sur Play Store(téléphones Android). Elle devrait l’être ces jours-ci sur l’App Stored’Apple (iPhoneiPadiPod Touch). L’application a remporté le prix des projets décerné le week-end dernier par l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France).

Entraide professionnelle

C’est un étudiant de 24 ans, en 6e année de médecine à l’université deMontpellier-Nîmes, qui en a eu l’idée. « Ça remonte à l’époque où je faisais des stages à l’étranger, raconte Pierre-Alexis Ballaz. La barrière de la langue est une source très anxiogène à la fois pour le patient, qui ne peut pas exprimer sa plainte, et pour le soignant qui risque de passer à côté d’une pathologie. »

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Le jeune-homme a assuré lui-même le développement de l’application via un sitehébergeur, tout en faisant appel aux bonnes volontés pour les traductions. Plus d’une vingtaine de bénévoles, étudiants en médecine pour laplupart et maîtrisant une langue étrangère, se sont impliqués dans le projet. « Dans le cas du tzigane, je suis passé par un centre d’accueil qui m’a mis en relation avec une famille, précisePierre-AlexisLes traductions sont moins fiables car les gens n’avaient pas de connaissances médicales. »

Il lui a fallu près de trois mois pour boucler ce projet qu’il a mené sur son temps libre. L’interface de l’application est spartiate, mais efficace. « Je ne suis pas du tout bon en informatique. J’ai donc fait au plus simple »,reconnaît avec modestie le futur médecin.
Le vocabulaire et les dialogues sont classés par langue et par catégories (généralités, douleur, partie du corps, traumato…). La prononciation des mots est indiquée en transcription phonétique pour les alphabets non latins. Une rubrique « Bonus » fournit une lettre type de surveillance traumatisme crânien, traduite en anglais et en espagnol.

En attendant le chinois

« Le gros avantage de l’application, c’est qu’elle fonctionne sans aucune connexion à Internet », insiste Pierre-Alexis. Ce n’est pas le cas deGoogle Traduction, par exemple. Les services de traduction généralistes sont en outre moins pertinents dans le domaine médical, juge le jeune homme qui compte bien ne pas s’arrêter là.
« J’espère enrichir le vocabulaire de Mediglotte et ajouter de nouvelles langues très parlées comme le chinois et le russe », explique-t-il en lançant un appel à tous les traducteurs volontaires, invités à le contacter par mail (mediglotte@gmail.com). 
Stéphane Long

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