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vendredi 3 janvier 2014

Les neurosciences ont-elles leur place au tribunal ?

Le Monde Blogs , par Pierre Barthélémy
L'homme torse nu sur la photo ci-dessus n'est pas un enfant de chœur. Le cliché date du 19 août 2010. Le 30 juillet précédent, John McCluskey, condamné à plusieurs décennies d'emprisonnement pour meurtre, attaques à main armée et enlèvement, s'est évadé d'une prison de l'Arizona en compagnie d'un co-détenu et avec la complicité de sa petite amie. Le 2 août, ils s'en prennent à un couple de retraités, Gary et Linda Haas, partis faire du camping avec leur pick-up et leur caravane. Estimant que sa seule chance de réussir sa cavale consiste à ne pas laisser de témoins derrière lui, McCluskey abat les Haas dans leur caravane qu'il abandonne peu de temps après, non sans y avoir mis le feu. Au cours des jours suivants, les trois fugitifs sont arrêtés.

Le procès a eu lieu en octobre 2013 et McCluskey a été déclaré coupable de l'enlèvement et du double meurtre. Restait à décider s'il devait être condamné à mort. Il y a quelques jours, un communiqué du ministère américain de la justice a annoncé que le jury fédéral réuni à cet effet "n'était pas parvenu à une décision unanime". Par conséquent, John McCluskey passera le restant de ses jours en prison.
Pourquoi raconter ce fait divers sur ce blog scientifique ? Parce que, ainsi que l'explique Wired grâce à qui j'ai découvert l'histoire, si le coupable de ce crime a échappé à l'injection létale, c'est probablement parce que ses avocats ont appelé les neurosciences à la rescousse et mis le cerveau de McCluskey au centre du procès. Ses défenseurs ont ainsi produit des images montrant ce qu'ils présentaient comme des anomalies de l'encéphale de leur client : atteintes du cervelet, taille anormale des lobes frontaux du cerveau, hyperactivité au niveau de ces mêmes lobes et des amygdales. Selon eux, tous ces points indiquaient que John McCluskey avait des problèmes pour planifier ses actes et maîtriser ses émotions. En bref qu'il pouvait avoir agi sous l'effet d'une impulsion biologique difficile à contrôler, ce qui pouvait être considéré comme une circonstance atténuante.


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