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mardi 2 septembre 2014

Et si on reparlait de la contraception pour hommes ?

Hélène Ferrarini 23.05.2014

Le fait de ne pas avoir d'enfants ne concerne pas que les femmes. Certains hommes en sont conscients et pallient les manques de la médecine actuelle pour répondre à leurs préoccupations.

Unnouveau modèle contraceptif se dessinerait-il en France? C'est la question que se pose un récent rapport de l'Ined et de l'Inserm. Depuis les controverses sur les pilules de 3e et 4e génération, une femme sur cinq a changé de contraception: moins de pilule, plus de stérilet. Plus de méthodes contraceptives où l'homme a un rôle à jouer aussi, comme le préservatif (+3,2%) et le retrait (+3,4%).

Autre signe d'une réorganisation de la contraception en France, dont ne parle pas l'enquête Inserm-Ined : un regain d'intérêt pour les autres méthodes de contraception masculine. Ce phénomène –qui reste marginal mais n'est pas dénué de force symbolique– se concrétise par une hausse des consultations chez les rares spécialistes de contraception masculine et la renaissance de l'Ardecom.

L'Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine, active de 1979 à 1986, reliait alors des groupes d'hommes qui souhaitaient prendre en main leur contraception. Or des groupes de ce type se sont récemment remontés à Paris, Lyon, Toulouse, explique Pierre Colin, le président de l'association. Une renaissance qui, selon lui, ne serait pas sans lien avec «la remise en question des pilules féminines».

Alors que l'on a tendance à voir dans la contraception masculine, et notamment la «pilule pour homme», un serpent de mer que l'on nous annonce souvent mais qui n'arrive jamais, des hommes n'ont pas attendu pour mettre au point des méthodes de contraception.

L'option hormonale, thermique...

Dans le contexte des années 1970, propice aux essais en tout genre, des groupes d'hommes se forment pour évoquer sexualité, rapport au corps, fécondité, et de fil en aiguille ils en viennent à expérimenter des contraceptions masculines nouvelles. Cyril Desjeux, auteur d'une thèse sur les pratiques, les représentations et les attentes contraceptives des hommes, recense à la fin des années 1970 et aux débuts des années 1980 des groupes d'hommes en liaison avec l'Ardecom à travers toute la France. Le sociologue écrit:

«Le début des années 1980 est une période très dynamique: on voit rapidement se mettre en place des groupes d'expérimentation de contraception masculine (hormonale ou thermique)... Les médecins et les volontaires qui prennent part aux essais ont le sentiment d'écrire une page de l'histoire en mettant au point le premier contraceptif masculin. Entre 1979 et 1983, la contraception masculine se trouve alors en pleine ébullition et un sentiment d'excitation est encore palpable dans le discours des enquêtés. On voit clairement se dessiner le début de la courbe en "S" qui annonce la possibilité pour une méthode de devenir une innovation.»

La principale méthode développée fut hormonale. Elle consistait en la prise de cachets quotidiens de progestatif associée à l'application cutanée d'un gel à base de testostérone. Mise au point par le Dr Soufir, cette méthode a aujourd'hui évolué en une injection hebdomadaire de testostérone.



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