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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.

mardi 16 janvier 2018

Face à la guerre : psychanalyse et psychiatrie


16/01/2018

Comment un discours comme celui de Freud a-t-il pu émerger et se construire à la fin du XIXe siècle ? s'interroge le psychanalyste Roland Gori. La Grande guerre est-elle une parenthèse dans l'histoire de la psychiatrie française ?, demande l'historienne Isabelle von Buelzingsloewen.

Portrait/S. Freud publié dans  "L'Informateur des aliénistes & des neurologistes", janv. 1923/Couverture: A. Porot & A. Hesnard, "Psychiatrie de guerre", Félix Alcan, 1919/Août 1915, détail cliché de la salle d'électrothérapie, hôpital Val de Grâce
Portrait/S. Freud publié dans "L'Informateur des aliénistes & des neurologistes", janv. 1923/Couverture: A. Porot & A. Hesnard, "Psychiatrie de guerre", Félix Alcan, 1919/Août 1915, détail cliché de la salle d'électrothérapie, hôpital Val de Grâce  Crédits : Gallica BNF/Mission Centenaire 1914-18/ BDIC Albums Valois

Comment la psychanalyse répond elle à "la crise de civilisation qui accompagne la deuxième Revolution industrielle en revalorisant les singularités concrètes et le récit des vies intimes"? Pourquoi la fascination fin de siècle pour les démons de l’hystérie? Que disent-ils du monde moderne? "Comment ne pas entendre dans l’oeuvre freudienne l’écho des scènes sociales de l’époque" ? "Comment ne pas être tenté d'éclairer ces mêmes scènes sociale par les concepts freudiens" ? Comment oeuvrent les pulsions d’auto-destruction au sein du psychisme et dans la société? Demande encore Roland Gori, professeur émérite de psychopathologie à l'université d'Aix-Marseille, président de L'Appel des appels. 


lundi 15 janvier 2018

Que truies et porcs s’importunent réciproquement !


Par Marcela Iacub — 12 janvier 2018 à 20:46

Ce qui rend le texte des 100 signataires ringard c’est qu’il entérine le fait que ce sont toujours les hommes qui convoitent les femmes. Et si, au nom de la liberté d’importuner, c’était le contraire ?

La semaine dernière cent femmes ont exigé dans une tribune publiée dans le Monde qu’on protège leur liberté d’être sexuellement importunées. Outrées par le mouvement #BalanceTonPorc - qui constituerait à leurs yeux une véritable menace à cette liberté -, elles se sont donné la peine d’en dénoncer le danger. Or, loin d’être politique ou critique, ce texte semble l’expression d’un fantasme sexuel construit à l’époque où Catherine Deneuve, la signataire emblématique de cette tribune, tournait Belle de Jour (1967). En effet, la scène sexuelle qui hante ce pamphlet est née à l’époque où les femmes investirent en masse les universités et le monde du travail tandis que dans leur vie sexuelle et familiale, elles continuaient à être dominées par les hommes. Les femmes émancipées de l’époque fantasmaient un érotisme «ancillaire» qui leur servait de compensation à leur nouveau pouvoir social. Paradoxalement, rien ne semblait plus excitant aux femmes de cette génération que cette position sexuelle d’objet. La différence des sexes était assurée. C’est pourquoi cette tribune, qui parle néanmoins de «liberté sexuelle», décrit une fois encore la scène de séduction comme étant menée par des mâles aux pulsions bestiales et incontrôlables que les femmes acceptent, refusent ou «comprennent».

Catherine Deneuve : «Rien dans le texte ne prétend que le harcèlement a du bon, sans quoi je ne l’aurais pas signé»

Par Catherine Deneuve — 

Le 16 septembre 2013 à Paris.
Le 16 septembre 2013 à Paris.Photo Jérôme Bonnet


Une semaine après avoir signé la tribune qui prône la «liberté d’importuner» pour préserver la «liberté sexuelle», l’actrice assume, tout en prenant ses distances avec certaines signataires. Et s’excuse auprès des victimes d’agression qui auraient pu être choquées.

Catherine Deneuve nous a transmis ce texte sous forme de lettre, à la suite d’un entretien par téléphone, vendredi. Nous l’avions sollicitée car nous voulions entendre sa voix, savoir si elle était en accord avec l’intégralité de la tribune signée, et savoir comment elle réagissait à la prise de paroles des unes et des autres ; bref, qu’elle clarifie sa position.
«J’ai effectivement signé la pétition titrée dans le journal le Monde, "Nous défendons une liberté…", pétition qui a engendré de nombreuses réactions, nécessitant des précisions.
«Oui, j’aime la liberté. Je n’aime pas cette caractéristique de notre époque où chacun se sent le droit de juger, d’arbitrer, de condamner. Une époque où de simples dénonciations sur réseaux sociaux engendrent punition, démission, et parfois et souvent lynchage médiatique. Un acteur peut être effacé numériquement d’un film, le directeur d’une grande institution new-yorkaise peut être amené à démissionner pour des mains aux fesses mises il y a trente ans sans autre forme de procès. Je n’excuse rien. Je ne tranche pas sur la culpabilité de ces hommes car je ne suis pas qualifiée pour. Et peu le sont.
Non, je n’aime pas ces effets de meute, trop communs aujourd’hui. D’où mes réserves, dès le mois d’octobre sur ce hashtag "Balance ton porc".
«Il y a, je ne suis pas candide, bien plus d’hommes qui sont sujets à ces comportements que de femmes. Mais en quoi ce hashtag n’est-il pas une invitation à la délation ? Qui peut m’assurer qu’il n’y aura pas de manipulation ou de coup bas ? Qu’il n’y aura pas de suicides d’innocents ? Nous devons vivre ensemble, sans "porcs", ni "salopes", et j’ai, je le confesse, trouvé ce texte "Nous défendons une liberté…" vigoureux, à défaut de le trouver parfaitement juste.
«Oui, j’ai signé cette pétition, et cependant, il me paraît absolument nécessaire aujourd’hui de souligner mon désaccord avec la manière dont certaines pétitionnaires s’octroient individuellement le droit de se répandre dans les médias, dénaturant l’esprit même de ce texte. Dire sur une chaîne de télé qu’on peut jouir lors d’un viol est pire qu’un crachat au visage de toutes celles qui ont subi ce crime. Non seulement ces paroles laissent entendre à ceux qui ont l’habitude d’user de la force ou de se servir de la sexualité pour détruire que ce n’est pas si grave, puisque finalement il arrive que la victime jouisse. Mais quand on paraphe un manifeste qui engage d’autres personnes, on se tient, on évite de les embarquer dans sa propre incontinence verbale. C’est indigne. Et évidemment rien dans le texte ne prétend que le harcèlement a du bon, sans quoi je ne l’aurais pas signé.

Amine Benyamina, doc addict

Par Eric Favereau, photo Stéphane Remael — 


Photo Stéphane Remael pour Libération

L’enthousiaste psychiatre franco-algérien demande à Emmanuel Macron de faire des addictions une «grande cause nationale».

Si c’était un enfant, on diagnostiquerait une pathologie d’hyperactivité, tant Amine Benyamina parle, s’agite, s’impose pour occuper tout le terrain. Il a toujours mille anecdotes à raconter, une foule de souvenirs à partager, une énergie folle à dépenser.
Mais voilà, ce n’est plus un ado, il est psychiatre, même professeur de psychiatrie, et il dirige aujourd’hui un des pôles les plus importants de prise en charge des conduites addictives, situé à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif près de Paris. Fin décembre, il a écrit une lettre au président de la République pour qu’il décrète les addictions «grande cause nationale». «Il faut que cela bouge, et à présent, on se heurte à une impossibilité car on mélange tout. Il faut distinguer, par exemple, le "cannabis thérapeutique" et le "cannabis festif". Et dans le "festif", distinguer les consommateurs problématiques, qui sont peut-être de l’ordre de 10 %. A tout mettre dans le même panier, on stagne dans l’impasse. Comme depuis vingt ans.»

La psychiatrie, cette grande malade

ALGERIE

Les infirmiers en psychiatrie sont sur le qui-vive. L’une de leurs collègues a été dernièrement condamnée en appel à trois ans de prison ferme et à une amende pour homicide involontaire suite au suicide d’une malade au service de psychiatrie de l’hôpital Moulay Ali Cherif d’Errachidia. Le dossier est devant la Cour de cassation, mais les infirmiers craignent le pire.  

« L’infirmière a été innocentée en première instance qui  a jugé que cette dernière n’avait pas commis  d’homicide par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements, ou qu’elle en a été involontairement la cause  comme le stipule l’article 432 du Code pénal », nous a indiqué Abdelmalik Ouladchaikh, président de l’Association du Nord du Maroc pour les infirmiers en psychiatrie et en recherche en sciences infirmières (SMRS). Et de poursuivre : «Une décision qui ne semble pas plaire au Parquet  qui a fait appel. 

De son côté, la Cour d’appel a considéré l’infirmière comme coupable et l’a condamnée à trois de prison ferme et à une amende ».  
Dans un communiqué publié à cette occasion, la SMRS a estimé que la décision de la Cour d’appel est injuste et impute la responsabilité à un département de la santé qui  manque de sérieux concernant la protection  de ses fonctionnaires. D’autant plus que les services psychiatriques manquent gravement  de ressources humaines et logistiques.

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Psychothérapie : quand sait-on que c'est fini ?

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Par Caroline Franc Desages, publié le 

Difficile, parfois, après des mois, voire des années de thérapie ou d'analyse, de savoir si le processus est arrivé à sa fin. Quand sait-on qu'une psychothérapie est terminée?

Agnès, 42 ans, a vu un psy durant cinq ans, suite au décès de sa mère. "Je n'arrivais pas à faire mon deuil et cela s'est transformé en dépression. Il m'a fallu un paquet de séances hebdomadaires pour démêler les noeuds de mon enfance et retrouver l'envie de vivre", confie-t-elle.  

Petit à petit, Agnès a senti qu'elle était arrivée au bout. "J'avais la sensation de me répéter, de voir un ami davantage qu'un thérapeute. J'oubliais des rendez-vous, je trouvais le temps long alors qu'au début les séances me paraissaient trop courtes."  

Une nouvelle vision de l’embryon

Des équipes françaises ont obtenu des images fascinantes d’embryons et de fœtus humains, d’une précision inégalée. De quoi tirer un nouvel atlas d’anatomie moléculaire de notre développement et espérer des avancées médicales.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | Par 

En vert, l’innervation sensitive de la face d’un embryon d’environ 8 semaines de développement.
En vert, l’innervation sensitive de la face d’un embryon d’environ 8 semaines de développement. Fondation Voir et Entendre/Institut de la Vision

Une main de tanagra, ornée de sa dentelle de nerfs bleus, verts ou violets. Un pied lilliputien où court l’arborescence des vaisseaux sanguins – jaunes, pourpres, turquoise. Un tout petit bras avec les palmes de ses muscles naissants. Et ce délicat, saisissant profil où file une arabesque verte : le système nerveux périphérique.

Et puis cette face étrange qui semble nous fixer, surgit de sa nuit utérine. Pour nous confier quelles lois de son développement ? Pour nous livrer, sur nos premières semaines de vie, quelle mémoire-fantôme ? Nous avons tous vécu ces étapes de vie primordiale, nichée dans le ventre maternel, sans qu’elles inscrivent, dans nos cerveaux en ­devenir, la moindre trace consciente.

Ces images subjuguent ou dérangent, ravissent ou donnent le frisson. Toutes proviennent d’embryons ou de fœtus humains morts, âgés de 6 à 14 semaines (on parle de fœtus à partir de la 8e semaine de vie). Ces poids plume de 1,5 gramme (à 6 semaines) à 110 grammes (à 14 semaines) ­mesurent respectivement huit millimètres et neuf centimètres de long, du sommet du crâne au bas du dos – les bourgeons des jambes sont alors repliés sur l’avant.

Leur anatomie est ici révélée dans ses détails les plus purs, à l’échelle de la cellule dont chaque sous-type peut être identifié avec certitude. Des vidéos associées permettent d’appréhender dans l’espace le développement de cette architecture arachnéenne. Une finesse de cristal. Prenez garde : face à ces chefs-d’œuvre de la nature, vous risquez le syndrome de Stendhal, ce vertige qui saisit l’écrivain visitant l’Italie, en 1817.

MÉDECINS DU MONDE : UN CONTRAT À IMPACT SOCIAL CONTRE L’INCARCÉRATION CLASSIQUE



Médecins du Monde : un contrat à impact social contre l’incarcération classique
Médecins du Monde vient de signer un protocole d’engagement avec le Gouvernement, visant à offrir une alternative à l’incarcération des personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères par le logement et un suivi intensif. 

Une alternative à l’emprisonnement par l’aide sociale et le suivi

Californie : treize frères et sœurs découverts séquestrés et affamés par leurs parents

Par LIBERATION, avec AFP — 

Louise et David Turpin, photographiés par le bureau du shérif du comté de Riverside.
Louise et David Turpin, photographiés par le bureau 
du shérif du comté de Riverside.
Photo Jose ROMERO. AFP


Le couple Turpin s'affichait sur Facebook en compagnie de ses enfants, âgées de 2 à 29 ans. Mais dimanche, une des filles a alerté la police, qui a découvert que certains étaient enchaînés à leur lit, et que tous vivaient dans des conditions déplorables.

Treize frères et sœurs enfermés, dont un bébé de deux ans, certains enchaînés, affamés par leurs propres parents : c'est ce que la police a découvert en Californie dimanche, après avoir été alertée par l'une des filles de David Turpin, 57 ans, et Louise Turpin, 49 ans.
Le couple a été incarcéré pour torture et mise en danger d’enfants, et une caution de neuf millions de dollars chacun a été fixée pour leur éventuelle remise en liberté, a annoncé lundi la police du comté de Riverside, où est située la maison à Perris, à deux heures au sud-est de Los Angeles.

coup de blues de la dépression ?

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Association des parents et amis des malades mentaux : lettre ouverte au Premier ministre

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Ouyahia APAMM
Ahmed Ouyahia est vivement interpellé. New Press

L’Association des parents et amis des malades mentaux (APAMM) nous a fait parvenir une lettre ouverte adressée au Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Nous la publions intégralement.
«L’Association des parents et amis des malades mentaux (APAMM) a été créée en 2002 dans le but d’aider les personnes en souffrance psychique, de les accompagner dans un projet de réinsertion sociale, mais aussi pour aider à changer le regard que porte notre société sur les maladies mentales.
La maladie psychique est altérée par la force des représentations sociales négatives, ô combien elles sont puissantes dans notre société ! Les racines de ces conceptions résistent à l’entendement, pour ceux qui en sont témoins, la maladie mentale est une effraction insupportable, ouvrant le champ de l’incompréhension. Beaucoup de gens ignorent encore aujourd’hui ce que sont les maladies psychiques, même s’ils ont entendu parler de psychose, de schizophrénie, de paranoïa, de bipolaire… Ces mots, souvent employés hors de leur contexte, renvoient à un univers que l’on connaît mal et qui souvent fait peur. Ils évoquent ce que, de tout temps, on a qualifié de folie et conduisent à la stigmatisation de ceux qui en souffrent. Il existe un programme mondial contre la stigmatisation, il découle de la résolution 119 des Nations unies qui place la nécessité de protection des personnes concernées au niveau des droits de l’Homme, peut-être que son application inciterait les pouvoirs publics à une perception responsable de la souffrance psychique.