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samedi 13 mars 2010




Article paru
le 9 mars 2010


SOCIÉTÉ

La prison entre à l’hôpital

Lyon accueille la première « unité d’hospitalisation spécialement aménagée ». Une prison dans un hôpital, dénonce la CGT.


L’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Lyon, ouvre la première « unité d’hospitalisation spécialement aménagée », dans le parc de l’hôpital, dans un bâtiment de 380 mètres, derrière un mur de six mètres, bardé de caméras, avec accès direct au périphérique. Il s’agit d’accueillir, dans un lieu spécifique où cohabiteront personnels pénitentiaire et médical, des prisonniers souffrant de maladie mentale. Le projet initial prévoyait vingt-deux unités totalisant 748 lits. Seulement celui de Lyon ouvre pour l’instant, avec un an de retard. Vingt lits seront disponibles ce printemps, vingt autres cet été et les vingt derniers à l’automne, pour les détenus de Rhône-Alpes, Auvergne et Bourgogne. Un peu juste pour une population carcérale qui avoisine les 9 000 détenus, dont 30 % de malades mentaux. L’inauguration, prévue ce mercredi en présence du chef de l’État et des ministres de l’Intérieur et de la Santé, a été reportée.

Les syndicalistes CGT de l’hôpital, qui ont été les seuls, en conseil d’administration, à s’opposer au projet, avaient pris l’initiative d’une « nuit blanche de résistance », organisée ce soir. Celle-ci est maintenue. Plus d’une vingtaine d’organisations, syndicats ou collectifs (CGT santé, FSU, Syndicat de la magistrature, SUD santé, PCF, Parti de gauche, Gauche unitaire, NPA, Appel des appels…) appellent donc à débattre du rôle de la psychiatrie et de la réponse sécuritaire aux dysfonctionnements de la société. C’est à partir de 19 heures, au Vinatier, salle des organisations, près de la chapelle.

Emilie Rive


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