par François Carrel, correspondant à Grenoble, Justine Briquet-Moreno et Margaux Menu
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Articles, témoignages, infos sur la psychiatrie, la psychanalyse, la clinique, etc.
par François Carrel, correspondant à Grenoble, Justine Briquet-Moreno et Margaux Menu
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A Saint-Egrève (Isère), Sébastien, technicien informatique de 41 ans, refuse pour l’instant de se faire vacciner. (Pablo Chignard/Libération)
par Agnès Giard
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«Paroxysm» de Bryan Saunders, 2017. (Bryan Saunders)
Tout le monde connaît déjà l’art fait avec du sperme (Marcel Duchamp) ou la peinture éjaculatoire, entre dripping et pouring (Janet Sobel, Jackson Pollock). L’Américain Bryan Lewis Saunderspropose une variante : il s’agit de «baiser le papier». Dans un ouvrage intitulé Sexual Arousal («Excitation sexuelle»), qui réunit ses expériences de paroxysmes, l’artiste présente des œuvres réalisées comme des transcriptions directes d’orgasme en couleur. «Le plaisir solitaire peut-il donner naissance à des œuvres esthétiquement gratifiantes ?» s’interroge-t-il. Pour répondre à cette question, Bryan enveloppe son pénis de crayons de couleur puis le frotte contre des pages blanches jusqu’à atteindre l’orgasme. Certains essais ne sont pas concluants, car les crayons pointus peuvent facilement glisser entre ses mains. Le papier abrasif ne recueille guère, au début, que quelques gouttes d’une semence extraite dans la douleur. Bryan a amélioré sa technique. Après plusieurs essais, il a mis au point une gaine masturbatoire, constituée de crayons disposés tout autour du gland, qui reproduisent le prisme de l’arc-en-ciel. «Il y a des objets très beaux qui sont le résultat d’un procédé dégoûtant», plaide-t-il.
par Un collectif publié le 11 janvier 2022
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En mars 2021, à l'hôpital national Kenyatta (Kenya), lors du lancement de la vaccination dans le cadre du programme Covax. (Monicah Mwangi/REUTERS)
Le bilan de la pandémie de SARS-CoV-2 est lourd : des centaines de millions de personnes ont été contaminées dans le monde, faisant au moins cinq millions de morts, possiblement le double. Le variant omicron (B.1.1.529) se propage très rapidement dans les pays dont la politique sanitaire repose exclusivement sur la vaccination et sur des mesures d’atténuation visant à ne pas submerger les hôpitaux.
Cette vague épidémique n’est en rien une surprise pour le monde scientifique et nous avions explicitement averti de cette évolution probable. De fait, la circulation large du virus conduit à un réservoir viral produisant mutations et recombinaisons, ce qui favorise l’apparition de variants à la transmissibilité élevée et déjouant l’immunité acquise, y compris l’immunité vaccinale.
Il n’est pas certain qu’omicron soit le dernier variant avant une phase endémique saisonnière semblable à la grippe ou à d’autres coronavirus (OC43, HKU1, 229E, NL63) ; nous avons les preuves en revanche que SARS-CoV-2 est particulièrement transmissible et que son échappement immunitaire peut être rapide. Parier sur l’atténuation des pathologies infligées par les variants successifs, qui seraient de plus en plus «bénins», c’est s’abandonner à une temporalité difficilement prévisible.
Plusieurs pays ont mis en œuvre des politiques visant à maintenir de faibles taux de contamination en combinant vaccination, mesures de réduction des risques et investissement dans un arsenal sanitaire large et complémentaire. Ils ont connu moins de dommages sociaux et économiques, moins d’entraves à l’exercice des libertés publiques, moins de mortalité, moins de mise sous pression des personnels soignants. La vaccination générale est indispensable pour réduire les risques de maladie grave et de décès.
Mais l’incapacité à contrôler la circulation du virus par ce seul moyen entraîne une saturation des systèmes de santé publique, tandis que les hauts niveaux de circulation virale empêchent de tester, d’isoler, de retracer les contacts. Cet état de fait dégrade la qualité de soins pour l’ensemble des patients. Dans ces conditions, les slogans creux des uns et des autres sur la vaccination, qui opposent des conceptions simplistes et étroitement individualistes de la liberté et de la responsabilité, méconnaissent la réalité de la pandémie et détournent le débat politique et sanitaire des exigences du moment.
A l’approche de l’élection présidentielle et dans ce contexte de développement épidémique, il est indispensable de revenir collectivement à l’ensemble des faits scientifiques et des mesures politiques sur lesquels doit s’appuyer une stratégie efficace.
Après deux ans de pandémie, il convient d’adopter la stratégie qui a fait ses preuves là où elle a été suivie, en se révélant plus efficace, moins favorable à l’apparition de souches mutantes, moins défavorable à l’économie et plus respectueuse de l’exercice des libertés. Cette stratégie se décline en six volets.
1) Programmer des campagnes de vaccination universelle à l’échelle planétaire, non seulement par la suspension des brevets mais par un transfert des techniques d’encapsulation vers des centres de production régionaux destinés à un approvisionnement massif en vaccins de haute qualité.
2) Reconnaître enfin, sans équivoque, le consensus atteint en juin 2020 sur la transmission aéroportée de SARS-CoV-2 et en tirer toutes les conséquences pour construire des politiques de prévention de la transmission.
3) Promouvoir l’utilisation de masques respiratoires de type FFP2en intérieur ainsi que dans tout environnement à forte transmission. A contrario, il est inutile d’imposer le masque en milieu extérieur en dehors des foules denses.
4) Mettre en place rapidement des normes de ventilation et de purification de l’air (filtre HEPA, UV-C…) dans les lieux recevant du public, sur une base rationnelle. Cela demande d’investir massivement dans la rénovation des bâtiments. A long terme, il conviendra de changer les pratiques architecturales en vigueur dans la construction et la rénovation des bâtiments publics, pour y apporter isolation thermique et ventilation.
5) Mettre en place des processus efficaces de suivi et d’analyse des chaînes de contamination.
6) Lancer immédiatement un plan de recrutement et de formation d’arpenteurs sanitaires (50 000 emplois), qui accompagneront la mise en place de l’ensemble des mesures sanitaires (tests, aide à l’isolement, prévention). A moyen terme, il s’agira d’exercer une veille active au contact de la population et de participer à la diffusion d’une nouvelle culture scientifique et sanitaire, dans le cadre d’une politique de la santé et du soin fondée sur l’anticipation, à l’échelle des quartiers et des villages.
Ces mesures sont le premier pas indispensable vers la constitution d’un arsenal sanitaire large et pérenne, grâce auquel la France sera à même de faire face à d’éventuelles autres pandémies, sans payer le prix humain de SARS-CoV-2. La responsabilité du politique est de sortir des clivages simplistes et de l’attente de la disparition miraculeuse de la crise.
Notre société a besoin d’en finir avec la litanie des demi-mesures et des annonces paternalistes, égrenées sans aucune visibilité ni logique au fil des vagues épidémiques. Renouer avec la joie de vivre et redonner du sens à notre existence commune implique d’apporter une réponse rationnelle et solidaire aux crises qui nous frappent.
Après bientôt deux ans de pandémie et à l’approche d’échéances électorales importantes, il est difficile de croire qu’un programme politique qui ne s’élèverait pas à la hauteur de ces constats en incluant des propositions sanitaires et scientifiques solides puisse avoir quoi que ce soit à dire sur l’avenir de notre société.
Parmi les plus de 1 200 signataires : Samuel Alizon Chercheuse en biologie de l’évolution, CNRS, Thomas Becking Postdoctorant CNRS en biologie, écologie, évolution à l’université de Poitiers,Sylvie Citerne Technicienne de laboratoire de recherche, Inrae, Jacques Haiech Professeur honoraire de biotechnologie, université de Strasbourg, Pascal Maillard Universitaire en littérature française, université de Strasbourg, Perola MilmanChercheuse en physique, CNRS, Pierre-Yves Modicom Universitaire en linguistique, université Bordeaux-Montaigne, Laure Saint-Raymond Professeure de mathématiques, Institut des Hautes études scientifiques, Johanna Siméant-GermanosProfesseure, science politique, Ecole normale supérieure de Paris, Anne-Soisig Steunou Chercheuse en microbiologie, I2BC, CNRS…
La liste complète : https://rogueesr.fr/en_finir_et_prevenir/soutenue également par le Mouvement international d’universitaires et de chercheurs qui porte les mêmes revendications.
Publié le 09 janvier 2022
William Dab
Epidémiologiste
Les propos tenus par le président de la République dans « Le Parisien » n’inciteront pas à la vaccination, au contraire, estime l’épidémiologiste et ancien directeur général de la santé, dans une tribune au « Monde ».
Tribune. Les récentes déclarations agressives d’Emmanuel Macron vis-à-vis des personnes non vaccinées contre le virus SARS-CoV-2 ont suscité beaucoup de commentaires. Cependant, le point principal n’a pas été souligné : le président de la République a présenté ses propos comme une « stratégie ». D’où la question : qu’est-ce qu’une stratégie de santé publique ?

du 21 janvier au 11 mars 2022

Bateaux
Olivier Tourchon

Par AFP le 10.01.2022

Des chirurgiens ont transplanté pour la première fois un coeur de porc chez un humain, le 7 janvier 2022, à Baltimore dans le Maryland
Des chirurgiens américains ont réussi à greffer sur un patient un coeur issu d'un porc génétiquement modifié, une première mondiale, a annoncé lundi l'école de médecine de l'université du Maryland.
L'opération a été menée vendredi et a permis de montrer pour la première fois qu'un coeur d'animal pouvait continuer à fonctionner à l'intérieur d'un humain sans rejet immédiat, a expliqué l'institution dans un communiqué.
David Bennett, 57 ans, qui a reçu le coeur porcin, avait été déclaré inéligible à recevoir une greffe humaine. Il est désormais étroitement suivi par les médecins pour s'assurer que le nouvel organe fonctionne correctement.
"C'était soit la mort, soit cette greffe. Je veux vivre. Je sais que c'est assez hasardeux, mais c'était ma dernière option", a déclaré ce résident du Maryland un jour avant son opération, selon l'école de médecine.
Publié le : 10/01/2022
Soigner l’anxiété, la dépression ou la dépendance à l’alcool avec du LSD ou des champignons hallucinogènes… Longtemps taboue, la recherche sur les psychédéliques s’accélère. Mais ces substances peuvent-elles vraiment révolutionner la prise en charge des patients souffrant de troubles mentaux ? Ou leurs promesses sont-elles de simples mirages ? Plongée dans le terrier du lapin blanc.
Publié par Marie LANEN, journaliste santé, le 05/01/2022
Stéphane Cognon a des troubles schizophréniques et il est médiateur santé pair au groupe hospitalier universitaire de Paris pour le pôle 15, (service psychiatrie et neurosciences). Il aide les patients qui ont des troubles psychiques à devenir acteur de leur maladie pour mieux la gérer au quotidien.

“J’ai eu une enfance classique où j’étais choyée. C’est en classe de terminale que j’ai commencé à avoir des angoisses et je me suis renfermé sur moi-même. Les hallucinations visuelles et auditives ont débuté à cette époque” explique Stéphane Cognon. Après une hospitalisation, Stéphane est plus tard diagnostiqué schizophrène et une nouvelle vie commence pour lui. Stabilisé depuis 25 ans, Stéphane est devenu médiateur santé pair et aide les patients à gérer leur maladie au quotidien. Un “renouveau” nécessaire selon lui.
LE 10/01/2022
À retrouver dans l'émission
LA GRANDE TABLE CULTURE
par Olivia Gesbert
L'auteur David Foenkinos est notre invité pour nous parler de son roman "Numéro deux" (Gallimard) : l'histoire poignante du garçon qui faillit être Harry Potter et qui devra apprendre à transformer son échec en force.

Comment ne plus vivre sous la dictature du bonheur des autres ?
David Foenkinos se pose la question dans Numéro deux (Gallimard, janvier 2022), en glissant le lecteur dans la peau de Martin Hill, le garçon écarté à la dernière minute du casting de la saga Harry Potter. Inspirée d'une histoire vraie, cette fiction se lit avec d'autant plus de plaisir que l'oeuvre de J.K. Rowling fête cette année les vingts ans de sa première adaptation cinématographique.
"C'est une véritable interview de la directrice du casting qui a mis le feu aux poudres de mon imagination, explique le romancier. Ça a enflammé en moi l'envie de me consacrer à cet autre. Comment allait-il pouvoir évoluer en ayant en bouche le goût si amer de cet échec incroyablement violent ? "
Lire la suite et écouter le podcast ...

Les algorithmes des moteurs de recherche ou des services en ligne puisent dans l’immense flux de données des utilisateurs pour cerner leurs habitudes. L’informaticienne Sihem Amer-Yahia étudie cette mécanique bien huilée pour appréhender les formes de discrimination qui en découlent.
Pourriez-vous nous rappeler ce qu’est un algorithme et le rôle qu’il joue dans le développement d’Internet ?
Jean-Marie Durand publié le
Chez le sociologue allemand Hartmut Rosa, la « résonance » est un concept censé agir comme un antidote à l’accélération du monde, qui dérègle nos vies. Dans Accélérons la résonance ! Pour une éducation en Anthropocène (Le Pommier, 2022), il propose paradoxalement de combiner les deux : comment un dispositif d’éveil au monde, par essence rétif à l’idée de la vitesse puisqu’il est conditionné par la contemplation, peut-il à son tour être soumis à un processus interne d’accélération ? L’éclaircissement de Jean-Marie Durand.
Par Elsa Mourgues 10/01/2022

Cette idée fausse d’un Moyen Âge obscur où l’on croyait à une Terre plate est diffusée jusque dans nos écoles. C'est pourtant invraisemblable quand on se fie aux sources, et c'est en analysant ces dernières que deux historiennes sont remontées à l'origine de cette fake news. Et donc à... Voltaire.
"La persistance de cette idée selon laquelle, au Moyen Âge, on pensait que la Terre était plate, est absolument incroyable", explique Sylvie Nony, professeure agrégée de sciences physiques. Avec Violaine Giocomotto-Charra, professeure d'histoire des savoirs, elles sont co-autrices de La Terre plate. Généalogie d’une idée fausse (Les Belles Lettres, 2021) et nous expliquent comment est née cette idée fausse il y a 250 ans.
Édité par Diane Francès —

par Marthe Chalard-Malgorn créé le 12/01/2022

Terminer, comme entamer, une psychothérapie peut-être une décision difficile à prendre. Pourtant, cela signifie que le travail entrepris à deux a été efficace. Pourquoi est-ce donc si dur ?
Par Jean-François Haït le 09.01.2022
Peut-on hériter du traumatisme vécu par un parent ? Peut-être, répondent les généticiens, qui découvrent sans cesse des exemples de transmissions héréditaires n'affectant pas l'ADN. De quoi remettre en cause la théorie darwinienne ?

La méthylation est l'un des principaux mécanismes qui modulent l'expression des gènes sans affecter l'ADN : des groupements méthyles (ici en vert) viennent s'accrocher sur l'ADN. Elle joue un rôle clé dans de nombreux processus biologiques.
Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°208 daté janvier/ mars 2022.
Années 1930 : la "théorie synthétique de l'évolution" unifie la théorie de l'évolution et les lois de transmission des caractères héréditaires établies par Mendel en 1866. On sait désormais que la sélection naturelle s'exerce sur des variations aléatoires chez les organismes vivants. Une nouvelle discipline étudie leur diffusion au sein des populations, avec des outils mathématiques : la génétique des populations. La découverte de l'ADN comme support de l'hérédité, puis celle de sa structure en double hélice en 1953 marqueront le triomphe du tout-génétique. "L'hérédité des caractères acquis" avancée notamment par Jean-Baptiste de Lamarck semble définitivement disqualifiée.