samedi 20 mars 2021

Suspension du vaccin AstraZeneca : suivisme dangereux et coupable ?

Publié le 18/03/2021

Par le Pr François Chast*

En matière de santé, l’évaluation du risque est constante. Faut-il traiter une maladie ? Faut-il réaliser un examen invasif ? Faut-il opérer un malade ? Quel bénéfice le malade peut-il en espérer ? Quel risque lui fait-on courir ? Pour la vaccination, l’approche du rapport bénéfice / risque est singulièrement différente puisque le risque et le bénéfice doivent être évalués nous seulement pour le patient vacciné, mais aussi pour la population générale.

Avec la vaccination contre la Covid-19, inespérée il y a encore quelques mois, les observateurs scientifiques, immunologistes, pharmacologues ont été impressionnés par la hardiesse des paris scientifiques et la qualité des résultats obtenus. Mais le grand problème des vaccins, comme celui des contraceptifs oraux, est qu’il s’agit de médicaments administrés à des « bien portants » au sens « non-knockien » du terme : ils ne sont vraiment pas malades…

Et toujours ces lancinantes questions : Quel bénéfice ? Quel risque ?

L’intérêt de la pharmacovigilance post-AMM, est qu’elle intervient dans la vraie vie, quand le médicament est déjà commercialisé. Il fait alors l'objet d'une surveillance étroite visant à dépister des effets indésirables « rares » ou des contre-indications « marginales ». Dans le cas des vaccins contre la Covid-19, les essais qui ont précédé l’AMM ont été assez spectaculaires puisque chacun d’entre eux a enrôlé plusieurs dizaines de milliers de patients. Or, pour spectaculaires qu’ils aient été, ces essais, comme aucun autre, n’ont été suffisants pour détecter des effets indésirables rares. En effet, s’il faut inclure 300 malades pour détecter un risque de 1%, quand cet effet n’intervient que dans un cas pour 5 000, il faut alors inclure 150 000 malades : ce qui est pratiquement impossible ! C’est l’intérêt du suivi de pharmacovigilance qui a été mis en place en France. Ce suivi porte à ce jour sur plus de 5,2 millions d’injections vaccinales, dont 4 566 000 avec le vaccin Pfizer et 454 000 avec le vaccin AstraZeneca.

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L’attestation obligatoire… est-elle vraiment obligatoire ?

Paris, le samedi 20 mars 2021 - Elle fait son grand retour pour plus d’un tiers des Français. L’attestation dérogatoire à l’obligation de confinement est entrée dans nos vies à la faveur du premier confinement national en mars 2020. Même si le dispositif a été abandonné dans une grande partie des pays en Europe, les autorités françaises ont fait le choix de renouveler le dispositif qui repose principalement sur « l’honneur » de celui qui atteste.

Très décriée par beaucoup, en ce qu’elle constituerait une manœuvre « d’infantilisation des français », certains voient au contraire une mesure de responsabilisation qui fait prendre conscience subitement au confiné des risques liés à sa sortie. Le 19 mars dernier devant les caméras de LCI, le Dr. Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Poincaré, voit même dans ce modèle typiquement français l’une des explications du succès du confinement de novembre.

Désormais, c’est donc un nouveau modèle d’attestation qui voit le jour à la faveur de ce troisième confinement partiel du territoire national. Mais si les contours restent parfois à définir (beaucoup d’entre nous sont perplexes sur l’utilité d’une attestation permettant de faire de l’exercice sans limite de temps alors que la présentation d’une pièce d’identité prouverait à elle seule que nous sommes à moins de 10 km de notre domicile) une question se pose sur la valeur juridique de l’attestation.

En effet, le 22 décembre dernier, le Conseil d’Etat avait eu l’occasion de se prononcer sur le statut de ce document pouvant être rédigé aussi bien sur son smartphone, sur un imprimé ou sur un papier libre. De quoi nourrir un casse-tête (un autre !) pour les autorités.

Qu’est-ce qui est interdit : sortir ou sortir sans attestation ?

Les 6 et 7 avril dernier, un requérant avait déposé une requête demandant l’annulation pour excès de pouvoir « de la mise en ligne de modèles d’attestation de déplacement dérogatoire » prise sur le fondement du II de l’article 3 du décret n°2020-293 du 23 mars 2020.

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CheckNews Le nombre de lits de réanimation a-t-il vraiment baissé de 30% en un an en Ile-de-France ?

par Vincent Coquaz  publié le 19 mars 2021

Une capture d’écran d’un article du «Canard enchaîné», datant d’octobre, relance le débat sur le nombre de lits de réanimation en région parisienne. Au prix de quelques confusions.

Bonjour,

Votre question porte sur une capture d’écran du Canard enchaînélargement partagée sur Twitter depuis mercredi 17 mars. Les commentaires qui l’accompagnent accusent le gouvernement d’avoir «délibérément laissé baisser le nombre de lits» de réanimation en Ile-de-France, qui serait passé de 2 500 en mars 2020, à «1 700 aujourd’hui». Et ce alors que le taux d’occupation des lits de réanimation par des patients malades du Covid-19 dans la région a dépassé les 100%, et que le nombre de malades en réanimation a dépassé le pic de la deuxième vague, poussant les autorités à envisager des mesures sanitaires plus restrictives.

Cette «révélation» du Canard est reprise et partagée par des milliers de personnes dans la foulée, y compris des éditorialistes, comme Guillaume Bigot (CNews, Sud Radio) qui en appelle à la démission du Premier ministre. Pour certains, il s’agirait même d’une stratégie organisée par le gouvernement pour  «vous faire croire à l’extrême gravité de cette épidémie».

Plus besoin du psychiatre pour aller chez le psychologue

Publié

Les psychologues-psychothérapeutes pourront facturer leurs prestations à titre indépendant et elles seront remboursées par la LaMal, a décidé le Conseil fédéral. Une prescription médicale sera toutefois nécessaire.

Il sera plus facile à l’avenir d’aller consulter un psychologue-psychothérapeute.

Il sera plus facile à l’avenir d’aller consulter un psychologue-psychothérapeute. 

AFP

Bonne nouvelle pour les personnes atteintes de troubles psychiques. Elles auront plus facilement et rapidement accès à la psychothérapie. En effet, le Conseil fédéral a décidé vendredi que les psychologues-psychothérapeutes pourront fournir leurs prestations à titre indépendant et sur prescription médicale, ceci dans le cadre de l’assurance de base. En clair: plus besoin de passer comme aujourd’hui par un psychiatre pour pouvoir consulter un psychologue. Il suffira d’une prescription de son médecin de famille. Et les consultations seront prises en charge par la LaMal. Ceci dès le 1er juillet 2022.


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"Résolution", les Communautés de pratique : Hôpital de jour en psychiatrie et Lutte contre le gaspillage alimentaire et la dénutrition

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jeudi 18 mars 2021

Deux thématiques à l’honneur en avril pour partager vos connaissances et enrichir vos pratiques : "L’hôpital de jour en psychiatrie" et ses débats. Une prise en charge uniforme ou bien adaptée ? "Gaspillage alimentaire" pour développer des projets de restauration responsable et lutter contre les situations de dénutrition dans les établissements. 

L’hôpital de jour en psychiatrie

L’hôpital de jour en psychiatrie fait l’objet de nombreux questionnements de la part des professionnels, des patients, voire des autorités de tutelle. Est-il toujours le lieu emblématique de la chronicité ? Pourquoi ? Face à des fonctionnements très hétérogènes, il est parfois difficile de le distinguer des autres dispositifs de soins en psychiatrie. Et pourtant, selon une approche de « gradation des soins », l’hôpital de jour est chargé de prodiguer des soins équivalents à ceux qui peuvent être donnés en hospitalisation complète. Soins spécialisés, soins intensifs, bilans et évaluation… Toutes les hypothèses sont sur la table.

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Parcours patient fluidifié, psychiatrie innovante, chronicité, coordination... Le centre hospitalier George-Sand présente son projet jusqu'en 2025

Publié le 19/03/2021 

Parcours patient fluidifié, psychiatrie innovante, chronicité, coordination... Le centre hospitalier George-Sand présente son projet jusqu'en 2025

Le Centre hospitalier George Sand a présenté son nouveau projet d’établissement pour 2021-2025 avec quatre orientations stratégiques dans le soin psychiatrique. © PARA Stéphanie

Le Centre hospitalier George-Sand a présenté son nouveau projet d’établissement pour 2021-2025 avec quatre orientations stratégiques dans le soin psychiatrique.

Après les trois projets du pôle médico-psychologique de l’enfant et de l’adolescent, retenus par le ministère de la Santé, le centre hospitalier George-Sand, établissement de santé mentale, a dévoilé les quatre orientations de son projet d’établissement pour la période allant de 2021 à 2025.

Fruit de neuf mois de travail participatif, il est question d’un parcours patient fluidifié pour le replacer au cœur de la prise en charge mais aussi d’une psychiatrie innovante, active et déambulatoire. Le troisième axe concerne la prise en charge de la chronicité. Dernière orientation, le management et le travail en équipe pour mieux cordonner la prise en charge.

« C’est un beau projet d’établissement mais on sera jugé sur le fait de faire ce qu’on a annoncé », indique Alexis Jamet, directeur du centre hospitalier George-Sand depuis deux ans, qui ne cache pas que le personnel est fatigué depuis un an que la pandémie s’est installé.

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CHRU de Tours : la grogne monte en psychiatrie


Le Collectif Psychiatrie appelait les personnels à la grève ce jeudi 17 mars pour dénoncer le sous-effectif permanent et les conditions de travail dégradées des différents secteurs de psychiatrie.

Les grévistes se sont rassemblés ce jeudi après-midi devant les locaux de la direction.

Les grévistes se sont rassemblés ce jeudi après-midi devant les locaux de la direction. 
© (Photo NR, Hugues Le Guellec)


Déjà mobilisés il y a un mois, les personnels du pôle de psychiatrie du CHRU de Tours étaient de nouveau appelés à la grève ce jeudi 18 mars.

C’est le Collectif psychiatrie, constitué en juin dernier pour fédérer les personnels des différents secteurs de ce pôle, qui organisait ce mouvement. " Nous sommes dans un état de sous-effectif permanent, estime Charlie Mongault, délégué du syndicat Sud et membre du collectif. Cet état de fait est le résultat des choix de la direction. Il n’y a pas d’équipes de remplacement dans nos services, pour faire face aux congés maternité et aux arrêts maladie. Il nous faudrait en plus de ces remplacements 60 postes supplémentaires pour faire face aux besoins. "

« Contre le Covid-19, il faut faire confiance à la capacité de jugement de nos concitoyens et cesser d’employer la contrainte »

Publié le 19 mars 2021

TRIBUNE

La politique sanitaire mise en place est responsable de dégâts collatéraux inquiétants, soulignent une vingtaine de professionnels de santé, qui plaident pour alléger les contraintes chez l’enfant et le jeune adulte et renforcer la protection des personnes à risque.

Tribune. Voilà maintenant un an que la vie des Français a été bouleversée par la crise sanitaire et la mise en place de mesures aussi fortes qu’inédites, toutes prises au nom de la santé de nos concitoyens. Cet anniversaire doit être pour nous l’occasion d’en dresser le bilan.

vendredi 19 mars 2021

Les Apaches, les bandes qui terrorisent Paris en 1900, vues par les journaux de l'époque

Par Yann Lagarde

19/03/2021

Des bandes de jeunes qui sèment la panique en ville ? Il y a plus de 100 ans, des ados à la dérive surnommés les Apaches faisaient déjà les gros titres de la presse.






Rixes au couteau, bagarres entre jeunes, guerre de territoires, délinquance juvénile... La presse évoquait déjà le phénomène des bandes il y a plus d’un siècle, avec les Apaches. Voici comment ces gamins “nés sur le pavé” ont "terrorisé le Paris” de la Belle Époque, donnant du grain à moudre aux journaux les plus racoleurs.

En 1900, des groupes d’adolescents sèment le trouble dans les rues de Paris. Ils ont entre 14 et 20 ans, sont parfois orphelins, échappent à l’école et vivent au jour le jour. Ils viennent de l’Est parisien, de la périphérie, près des anciennes fortifications de la ville.

L’amitié, la solidarité… Quand je suis tombé sur les 'fortifs' à Saint Ouen, je n’avais pas de famille, pas de toit, rien. Eux, ils m’ont tendu les mains, ils m’ont donné un bout de pain, ils ont fait ce qu’ils ont pu. Si j’avais sonné à la porte d’une maison bourgeoise, ils m’auraient foutu à la porte, ils auraient appelé les flics.

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Comment supporter les réunions Zoom, avec Michel Serres

Octave Larmagnac-Matheron publié le 

Vroum, vroum, vroum« Qui n’a pas coupé son micro ? On se croirait sur le périph’ ! » Cric cric cric« Qu’est-ce que c’est encore que ce bruit ? Éteignez vos micros si vous ne parlez pas, on ne s’entend pas ! » Vlan, schplaf, boum. Une autre voix fait irruption dans la discussion, sans y être invitée : « Papa, tu peux m’aider à faire mes devoirs ? » Shshshshshshshsh« Quoi encore ? – J’entends un écho, comme si vous étiez très loin. »

Vous aussi, vous en avez assez de ces incessantes interférences qui parasitent vos réunions téléphoniques et autres rendez-vous en visioconférence ? La généralisation du télétravail n’arrange rien. Mais détendons-nous. Car au fond, le parasitage est inhérent à toute forme de communication. C’est Michel Serres qui le dit !

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L’actualité des idées du vendredi 19 mars

Octave Larmagnac-Matheron publié le  

Philomag vous propose chaque semaine une sélection d’articles parus dans la presse française et étrangère. Des articles qui nous ont surpris, questionné, dérangé. L’occasion de découvrir de nouveaux points de vue sur le monde et les événements qui font l’actualité.

Au programme, cette semaine : une invitation à réapprendre à durer, une critique de notre obsession pour le droit, une analyse de la crise de la vérité que connaît notre époque, une réflexion sur la fin de l’eurocentrisme, et un avertissement face à la démondialisation des idées.

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Comment notre système immunitaire évolue face aux nouveaux virus

Lundi, 15/03/2021 

Comment notre système immunitaire évolue face aux nouveaux virus

Des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego ont levé un coin du voile sur les subtils mécanismes d’adaptation utilisés par les cellules du système immunitaire des mammifères.

En utilisant une approche multidisciplinaire qui combine bioinformatique, biochimie et virologie, ils ont découvert des fonctions défensives surprenantes coordonnées par une protéine appelée NLRP1, qui sert de capteur pour les agents pathogènes envahissants.

Les chercheurs ont étudié les virus de la famille des Picornaviridae, qui génèrent des protéases, des enzymes semblables à des "ciseaux" moléculaires, capables de briser et d'activer la protéine NLRP1. Le poliovirus, le coxsackievirus (responsable de la maladie des mains, de la fièvre aphteuse) et le rhinovirus (l'une des causes les plus fréquentes du rhume) font partie de la famille des Picornaviridae.

L'analyse a révélé que la protéine NLRP1 évoluait pour "détecter" ces protéases virales qui, lorsqu’elles brisent NLRP1, déclenchent une réponse immunitaire. Fait intéressant, la protéine NLRP1 a évolué en imitant les sites naturels que la protéase virale coupe habituellement pour que le virus puisse se répliquer. Cela signifie qu’il est difficile pour le virus d’éviter de briser NLRP1 tout en conservant sa capacité de survie.

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Bulletin de la SIHPP

 




Bulletin de la SIHPP

20 mars 2021 


Chers amis

Vous trouverez ci-dessous quelques annonces suivies :

- d'un lien donnant accès à une longue interview qu'a donné Roland Gori à la revue en ligne Le Comptoir : celui-ci  revient sur certains aspects de la pandémie qui continue à inquiéter le monde. 

- d'un texte paru dans Libération sous la plume de Tania de Montaigne ; celle-ci vient d'adresser à la jeune poète américaine Amanda Gorman, une lettre dans laquelle elle revient sur cette triste affaire qui a vu une poète néerlandaise "interdite de traduction" car n'ayant pas la même couleur de peau que l'auteure des poèmes.  De quoi faire retourner Alexandre Dumas dans sa tombe. 

En fin de bulletin : deux  chroniques parues dans Le Monde des livres :

- L'une de Florent Georgesco consacrée au dernier ouvrage d'Elisabeth Roudinesco : Soi-même comme un roi

- L'autre de Sophie Benard consacrée à un recueil de textes de Clara Zetkin, paru sous le titre Je veux me battre partout où il y a de la vie. Les textes ont été rassemblés par la journaliste et historienne Florence Hervé.

Cependant le bulletin s'ouvre sur un hommage à un grand poète qui vient de nous quitter : Jean Jacques VITON. 

Bien à vous.

H.R.

jeudi 18 mars 2021

Un an après le premier confinement, les patients affluent toujours à l'hôpital psychiatrique de Bordeaux

  

Dès la sortie du premier confinement, les patients en détresse ont afflué à l'hôpital psychiatrique Charles Perrens de Bordeaux."Une véritable lame de fond " estime le directeur Thierry Biais qui a contraint l'établissement à se réorganiser pour y faire face.

Le directeur de l'hôpital Charles Perrens Thierry Biais évoque une lame de fond
Le directeur de l'hôpital Charles Perrens Thierry Biais évoque une lame de fond - Florence Pérusin

Un an après la mise en place du premier confinement, France Bleu Gironde vous propose ce mercredi une journée spéciale afin de donner la parole à tous les acteurs de cette crise. Ceux qui se sont retrouvés en première ligne comme les soignants. Ceux aussi dont on a moins parlé mais qui ont été tout autant sollicités. Comme les psychiatres et les infirmiers de l'hôpital Charles Perrens à Bordeaux dont Thierry Biais est le directeur.

Quel bilan tirez-vous de cette crise sanitaire ?

Thierry Biais : Ça a été une année très dense, comme vous pouvez l'imaginer. Moi, ce que je retiens avant tout, c'est la mobilisation exceptionnelle de nos personnels soignants et hospitaliers, mais aussi tout le personnel administratif, technique, logistique de nos établissements qui sont sur le pont depuis plus d'un an. Parce que la caractéristique d'un hôpital, c'est que ça doit toujours fonctionner. C'est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et nos patients attendent qu'on réponde présent. Il a fallu s'adapter aux différents temps de la crise. Il a fallu aussi concevoir de nouvelles modalités de prise en charge pour tenir compte des contraintes sanitaires. On a beaucoup développé, par exemple la télémédecine. On a renforcé nos visites à domicile pour les patients les plus fragiles. On a aussi mis en place cette plate forme de soutien et d'écoute téléphonique CovidPsy33 pour offrir une offre de soutien à distance auprès de la population bordelaise et de la métropole. 

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CheckNews Faut-il relativiser le bilan humain du Covid-19 en France ?

par Cédric Mathiot et Florian Gouthière  publié le 15 mars 2021

Comment peut-on mesurer la gravité de la pandémie  ? A quoi ­doit-on la comparer  ? Quels indicateurs rendent compte de ses conséquences sur la démographie  ? Le débat oppose scientifiques et démographes.

Plus personne n’ose, à l’instar de Didier Raoult mi-février 2020, comparer la mortalité du Covid avec celle des «accidents de trottinette». Un an après les premiers morts de l’épidémie, les hommages se succèdent, les bilans de nombreux pays se comptent en dizaines ou centaines de milliers de morts. Il y a peu, le New York Times a décidé, pour rendre compte de l’impact humain de l’épidémie, de représenter les 500 000 morts américains du Covid par autant de points sur la une du journal. En France, la barre des 90 000 décès a désormais été franchie. Mais que disent ces chiffres à l’échelle d’une année et d’un pays de 67 millions d’habitants? Comment mesurer la gravité de cet épisode exceptionnel ? A quoi peut-il être comparé ? Les morts, pour mesurer l’impact démographique, doivent-elles être «pondérées», comme le suggèrent certains, par l’âge avancé de la majorité des victimes du Covid ? Depuis le début de l’épidémie, ce débat existe. En partie aussi parce que, pour certains, ce qui est surtout exceptionnel dans la séquence que le monde vient de traverser, ce sont les mesures inédites prises au niveau mondial pour endiguer l’épidémie (et leur coût), davantage que la mortalité directe liée au virus. Ceux qui relativisent le bilan du Covid le font aussi au regard des conséquences, économiques, psychologiques des confinements ou couvre-feu que la population subit depuis un an.

Des féminicides en Italie, par Arianna Sanesi, photographe


Les crimes passionnels-5

© Arianna Sanesi

« Tous les trois jours, s’indigne Arianna Sanesi, un fait divers apparaît, annonçant un énième meurtre de femme. Et ça se perd dans le reste des nouvelles. »

Troisième titre des éditions D’une rive à l’autre – après Littoral Marseille, d’Elise Linares et Michel Peraldi, et Arménie, année zéro, de Patrick Rollier -, Les crimes passionnels n’existent pas est un travail photographique réalisé par Arianna Sanesi en 2015 sur les féminicides en Italie, suite à l’obtention d’une bourse du festival Photoreporter en Baie de Saint-Brieuc pour travailler sur ce thème.

Les crimes passionnels-6

© Arianna Sanesi

Dédié à Michelle Perrot, dans on sait l’importance dans le domaine de l’écriture de l’histoire des femmes, cet ouvrage construit avec beaucoup de soin – deux cahiers/livres cousus main associés -, met au cœur de son propos la pudeur, le respect, la juste distance.

Les histoires personnelles qui en forment le cœur sont effroyables, dramatiques, impossibles.

Les crimes passionnels-2

© Arianna Sanesi

En des images d’une grande sobriété – des objets, des lumières, des portraits, des peaux meurtries, des paysages de pénombre -, Arianna Sanesi suggère plus qu’elle ne montre, laissant au spectateur la responsabilité de deviner, de comprendre, d’accéder à l’autre.

« Les familles endeuillées m’accueillent chaleureusement, écrit la photographe. Tout, jusqu’au moindre détail, semble parler de l’être cher qui n’est plus. »

Des femmes tuées, par des hommes n’acceptant pas une rupture, ou parce qu’elles se refusaient sentimentalement, ou pour toutes sortes de non-raisons folles.

Les crimes passionnels-9

© Arianna Sanesi

La violence domestique, souvent quotidienne, peut être effroyable, cachée, ou parfois sue par des voisins ne sachant comment agir, se détournant par manque de courage.

Arianne Sanesi construit la suite de ses images, non en une succession de chocs visuels, surtout pas, mais comme un ensemble où les photographies ne signifient vraiment que parce qu’elles entrent en dialogue avec d’autres, formant in fine une composition bouleversante.

Accompagné de textes éclairants de Lydie Boudou et Frédéric Chauvaud sur la prise de conscience internationale, d’abord du côté de l’Amérique latine, de la réalité des féminicides, Les crimes passionnels n’existent pas est un ouvrage douloureux, important, invitant à garder « les yeux bien ouverts ».

Les crimes passionnels-14

© Arianna Sanesi

« Nombre d’auditeurs et de lecteurs, précisent les historiens, maîtres de conférence à l’université de Poitiers, ont découvert en décembre 2019 que le mot de l’année, selon la consultation organisée par Le Petit Robert, est féminicide. Le célèbre éditeur de dictionnaire a demandé aux internautes de se prononcer à partir d’une liste. Le choix du public atteste que le mot et la réalité qu’il recouvre sont devenus visibles. »

L’image d’un casque de musique est ainsi légendée : « Pendant qu’Annamaria se faisait assassiner, sa fille n’a rien entendu,, enfermée dans sa chambre, écouteurs sur les oreilles.

 »Les crimes passionnels-5

© Arianna Sanesi

« Tous les trois jours, s’indigne Arianna Sanesi, un fait divers apparaît, annonçant un énième meurtre de femme. Et ça se perd dans le reste des nouvelles. »

Troisième titre des éditions D’une rive à l’autre – après Littoral Marseille, d’Elise Linares et Michel Peraldi, et Arménie, année zéro, de Patrick Rollier -, Les crimes passionnels n’existent pas est un travail photographique réalisé par Arianna Sanesi en 2015 sur les féminicides en Italie, suite à l’obtention d’une bourse du festival Photoreporter en Baie de Saint-Brieuc pour travailler sur ce thème.

Dédié à Michelle Perrot, dans on sait l’importance dans le domaine de l’écriture de l’histoire des femmes, cet ouvrage construit avec beaucoup de soin – deux cahiers/livres cousus main associés -, met au cœur de son propos la pudeur, le respect, la juste distance.

Les histoires personnelles qui en forment le cœur sont effroyables, dramatiques, impossibles.

Les crimes passionnels-2

© Arianna Sanesi

En des images d’une grande sobriété – des objets, des lumières, des portraits, des peaux meurtries, des paysages de pénombre -, Arianna Sanesi suggère plus qu’elle ne montre, laissant au spectateur la responsabilité de deviner, de comprendre, d’accéder à l’autre.

« Les familles endeuillées m’accueillent chaleureusement, écrit la photographe. Tout, jusqu’au moindre détail, semble parler de l’être cher qui n’est plus. »

Des femmes tuées, par des hommes n’acceptant pas une rupture, ou parce qu’elles se refusaient sentimentalement, ou pour toutes sortes de non-raisons folles.

Les crimes passionnels-9

© Arianna Sanesi

La violence domestique, souvent quotidienne, peut être effroyable, cachée, ou parfois sue par des voisins ne sachant comment agir, se détournant par manque de courage.

Arianne Sanesi construit la suite de ses images, non en une succession de chocs visuels, surtout pas, mais comme un ensemble où les photographies ne signifient vraiment que parce qu’elles entrent en dialogue avec d’autres, formant in fine une composition bouleversante.

Accompagné de textes éclairants de Lydie Boudou et Frédéric Chauvaud sur la prise de conscience internationale, d’abord du côté de l’Amérique latine, de la réalité des féminicides, Les crimes passionnels n’existent pas est un ouvrage douloureux, important, invitant à garder « les yeux bien ouverts ».

Les crimes passionnels-14

© Arianna Sanesi

« Nombre d’auditeurs et de lecteurs, précisent les historiens, maîtres de conférence à l’université de Poitiers, ont découvert en décembre 2019 que le mot de l’année, selon la consultation organisée par Le Petit Robert, est féminicide. Le célèbre éditeur de dictionnaire a demandé aux internautes de se prononcer à partir d’une liste. Le choix du public atteste que le mot et la réalité qu’il recouvre sont devenus visibles. »

L’image d’un casque de musique est ainsi légendée : « Pendant qu’Annamaria se faisait assassiner, sa fille n’a rien entendu,, enfermée dans sa chambre, écouteurs sur les oreilles. »

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